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La presse web est en pleine expansion. Chaque jour des milliers d’internautes scrollent leur téléphone ou ordinateur, voyant défiler plusieurs dizaines d’articles. Malgré cet essor, dispose t-elle des mêmes avantages que son voisin, le print ? Des aides sont accordées à la presse : cependant, sa version web est parfois laissée sur le carreau…

Et toi, crois-tu ce que tu lis ? En 2018 on estime qu’un Français sur quatre juge crédible les informations qu’il trouve sur le web. Si la confiance envers les médias baisse de plus en plus, le ministère de la Culture a visé un objectif de transparence. Il publie la liste des titres et, depuis 2016, les principaux groupes de presse, ayant bénéficié d’aides. Ces dernières peuvent alors être de deux natures : directes ou indirectes.

  • des aides directes, perçues par le titre et conservées dans ses comptes ;
  • des aides à la filière, perçues par le titre mais qui permettent la distribution de la presse quotidienne nationale ;
  • des aides à la modernisation sociale, bénéficiant à d’anciens salariés du titre.

Elles permettent de répondre à trois objectifs majeurs : le développement de la diffusion, la défense du pluralisme, la modernisation et la diversification vers le multimédia des entreprises de presse. Les aides versées à la presse sont pour la plupart tournées vers le print. En effet, malgré leur essor, les titres et groupes web ont perçu seulement 5.8% des aides à la numérisation du Fond stratégique pour le développement de la presse. Ce fond soutient à travers des aides directes de l’Etat différents projets d’entreprise de presse. Ils peuvent par exemple, être jugés innovants ou permettre d’augmenter la productivité.

Sur les 10 titres ayant le plus reçu d’aides en 2016, sept d’entre eux ne font pas le distinguo entre la version print et web. On prêterait à croire que le numérique est bien présent dans ces statistiques. Malgré tout, tous ces sites internet sont le prolongement d’un média papier. Par ailleurs, aucun pureplayer – entreprises informant uniquement sur Internet- n’est présent.

Absence de pureplayers

Les aides directes données aux titres de presse écrite généralistes se font grâce à un calcul tenant compte de leur diffusion, mais aussi de leurs coûts ainsi que de certains indices financiers. En 2016, les dix titres qui ont le reçu le plus d’aides sont uniquement des nationaux et régionaux, en version print mais parfois web. La presse Internet est donc présente dans ces chiffres mais n’est pas représentée à part entière. Et aucun pureplayer n’est présent dans le tableau. Ces derniers, se financent pour la plupart grâce à la publicité et aux abonnements.

Cependant, à l’ère 2.0, de plus en plus d’internautes se tournent vers ce type de média pour s’informer. Pourrait-on imaginer que ces nouveaux médias émergent dans le tableau des aides de l’Etat à la presse ? Ce qui est sûr, c’est qu’en ce début d’année 2018, La Cour des Comptes a recommandé d’instaurer une réforme tournée vers le numérique. Le moyen d’inciter l’Etat à soutenir la presse web.

Figaro.fr, lemonde.fr, humanite.fr, marianne.net ou encore ouest-france.fr, -au même titre que leur version print auquel-, font partie des 10 organismes à avoir reçu le plus d’aides totales. Ces dernières comprennent les aides directes ainsi que l’aide à la diffusion et à la modernisation sociale :

  • des aides directes, perçues par le titre et conservées dans ses comptes ;
  • des aides à la filière, perçues par le titre mais qui sont ensuite reversées à sa messagerie (aide à la distribution de la presse quotidienne nationale) ;
  • des aides à la modernisation sociale, bénéficiant à d’anciens salariés du titre.

Dans les statistiques, la presse nationale et régionale est présente, tandis que les pureplayers sont toujours exclus.

La presse locale en bas du tableau

Si la presse numérique est l’oubliée des statistiques, la presse locale se retrouve parfois au dernier rang. Sur les dix titres ayant reçu le moins d’aides, tous sont des tirages locaux. Les Alpes Mancelles Libérées, l’éclaireur Brayon ou encore l’écho sarthois : tous ont deux points communs. Les aides qui leurs sont attribuées s’élèvent au nombre de 2.190€ et ils ne contiennent pas de mention « .fr » ou « .com ». Leurs sites internet ne sont-ils pas pris en compte ? Il semblerait une fois encore, que ces journaux ne reçoivent pas ces aides uniquement pour leur version print.

Même pour des médias comme Le Figaro, qui figure parmi les journaux les plus aidés et à côté duquel est inscrit la mention « figaro.fr », aucun chiffre n’est donné au numérique. Sur les 2 128 974€ distribués, près de la moitié concerne l’aide au portage. L’autre renvoie au Fonds Statégique de Développement de la Presse. Si la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse (CPPAP) comptabilisent 434 pureplayers en mars 2018 contre 255 en 2013, leurs aides, elles, sont presque nulles.