La Lorraine, région qui compte le plus de ménages “énergétiquement vulnérables”. C’est ce qui ressort d’un rapport de l’Insee et des Dreal (les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Bonne dernière du classement, la Lorraine doit sa place à de trop fortes dépenses en matière de chauffage et de carburant. Explications des chiffres publiés.

36,6% des ménages lorrains sont “énergétiquement vulnérables”. C’est ce que détaille le rapport de l’Insee et des Dreal paru ce mois de janvier, et qui s’appuie sur des données de 2008. Être “énergétiquement vulnérable”, cela signifie que chaque année, vous dépensez plus de 8% de vos revenus disponibles pour chauffer et éclairer votre logement, et plus de 4,5% pour vos déplacements. Et c’est donc le cas de 36,6% des ménages lorrains, soit 365 000 d’entre eux.

Dernière du classement derrière l’Auvergne (27%) et la Franche-Comté (26%), la Lorraine est particulièrement touchée dans ses départements les plus ruraux : les Vosges, et surtout la Meuse. La Meurthe-et-Moselle et la Moselle s’en sortent mieux, notamment grâce aux grands centres urbains que sont Nancy et Metz. D’une part, cette vulnérabilité s’explique par la distance entre le domicile et le travail ainsi que les services (hôpitaux, commerces, loisirs), que par la proportion de logements communs. En effet, il est plus coûteux de chauffer plusieurs maisons individuelles qu’un logement commun de type HLM. C’est sans compter l’ancienneté des habitations.

Si l’on se penche sur les détails, on remarque vite que Meusiens et Vosgiens avaient, en 2008, des revenus inférieurs à la moyenne nationale. Cela explique en partie qu’ils consacrent davantage de ressources à leurs dépenses énergétiques. En plus de la faible densité de ces départements, s’ajoute, en particulier pour les Vosges, un climat montagneux plus rigoureux.

Un chiffre retient l’attention : le taux de cumul des deux vulnérabilités. En Lorraine, 4,6% des ménages dépensent une partie trop importante de leurs revenus pour se chauffer et se déplacer. C’est deux points de plus que pour le reste de la France. Là encore, la Meuse est très touchée : 9,6% des ménages sont dans ce cas.

Tous les chiffres détaillés dans l’infographie :