Le procès pour le meurtre de Romain Schlick s’est tenu du lundi 17 novembre au vendredi 21 novembre devant la cour criminelle de Moselle. Quatre hommes sont accusés d’avoir frappé et tué Romain, 20 ans, dans un appartement de Metz en juin 2020. Le jeudi 20 novembre, Marie, la voisine qui aurait provoqué cette rixe, témoigne à la barre.
Au quatrième jour du procès, l’ambiance est pesante. Ce sont des nuisances sonores qui seraient à l’origine de la bagarre enclenchée par les quatre accusés, entraînant la mort de Romain devant ses 3 amis, impuissants. Les quatre hommes âgés de 27 à 42 ans reconnaissent la bagarre mais nient pourtant avoir frappé Romain. Ils sont poursuivis pour violences en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner et encourent vingt ans de réclusion criminelle.
« Si vous n’aviez pas envoyé ces messages, Romain Schlick serait encore en vie »
Les parties attendaient avec impatience le témoignage de Marie, la voisine impliquée dans l’affaire.
La nuit du 12 au 13 juin, Romain est présent avec deux amies chez son ami Maneles, au quatrième étage d’un immeuble, dans le quartier du Sablon. Marie, la voisine du dessous, se plaint du tapage nocturne en frappant le plafond avec un balai. Elle serait alors agressée verbalement et physiquement par son voisin Maneles et par Romain. Elle explique à la barre s’être retrouvée « front contre front » avec son voisin, qui l’aurait insultée de « sale pute ». Marie prévient son compagnon de l’époque, Matthieu, 33 ans, qui se rend ensuite dans l’appartement de Maneles accompagné de ses amis Tony, 43 ans, Kevin, 36 ans et Mansar, 27 ans. Pendant la rixe, Marie avoue à la barre avoir entendu des coups d’une « bagarre générale ». Après le passage à tabac, elle confirme également remarquer le visage tuméfié de Maneles, venu sous la menace pour lui présenter des excuses. Pour autant, elle décide de quitter l’appartement avec son enfant de 3 ans et monte dans la voiture de Tony, suivis par Matthieu. Elle explique n’avoir eu aucune conversation avec Matthieu suite à ce qu’il s’était passé.
« Si vous n’aviez pas envoyé ces messages, Romain Schlick serait encore en vie », accuse l’avocat de Maneles, Me Loïc de Graëve.
Le lendemain, Marie affirme s’être rendue au commissariat pour porter plainte sur ce qu’il s’était passé la veille, mais aussi expliquer qu’elle ne peut plus rentrer dans son appartement à cause d’un problème de serrure. Selon Matthieu, c’est lui qui l’aurait envoyé pour qu’elle puisse « prendre la température ». Elle tombe des nues quand elle apprend qu’elle est placée en garde à vue pour homicide involontaire. Par peur de représailles, elle ne cite aucun nom des quatre hommes responsables de la rixe.
« Il est mort » ce sont les trois derniers mots que Marie a envoyé par SMS à Matthieu avant que son téléphone ne soit confisqué.