Fin 2020. C’est la date que s’est fixé le gouvernement pour totalement faire disparaître l’usage du glyphosate, cette molécule que l’on trouve dans le désherbant «round up». Mais entre souhait du gouvernement et réalité du terrain, l’écart semble grand.
Difficile à croire pour certains, impossible pour d’autres. L’utilisation des produits phytopharmaceutiques fait débat aujourd’hui en France. Pour cause, c’est 71 200 tonnes de substances vendues en 2017, soit une augmentation de 12% par rapport à 2009. Parmi ces substances, on retrouve le glyphosate qui est l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Et ce n’est pas prêt de changer.
D’après des données récoltées par la BNV-D (Banque nationale des ventes réalisées par les distributeurs de produits phytopharmaceutiques), On voit que le nombre d’herbicides vendus en France a augmenté, tout comme la part du glyphosate. Si la part du glyphosate sur l’ensemble des herbicides était de 23% en 2009, elle était en 2017 de 30%. De quoi susciter des interrogations sur sa disparition définitive à un an de la date limite fixée.
Un vrai problème pour certaines régions
La diminution des ventes et d’utilisation du glyphosate pose encore des questions. Si cet herbicide pourrait présenter de graves problèmes au niveau de la santé, il est très utilisé par les agriculteurs. Ils s’en servent pour accélérer la maturation des cultures servant à programmer les moissons. Cette utilisation du glyphosate varie en fonction des régions.
On peut donc voir que le Gard, la Gironde, la Marne et la Somme comptabilisent le plus grand nombre de produits phytopharmaceutiques achetés. Ces grandes quantités sont à mettre en corrélation avec la surface agricole dont dispose le département. La Marne représente à elle seule 2,4% de la quantité totale de glyphosate achetée dans le pays sur la période 2015, 2016, 2017. Ce département est celui qui a la plus grande surface agricole utilisée avec 550 hectares recensés en 2010, soit le double de la moyenne nationale. Demander aux agriculteurs de ne plus du tout utiliser de glyphosate d’ici 2022 semble compliqué.
Un motif d’espoir
Il existe deux types d’achat de glyphosate. Ceux qui sont répertoriés EAJ (emplois autorisés dans les jardins), et ceux qui ne le sont pas. Les glyphosates EAJ sont principalement utilisés pour combattre les mauvaises herbes. Cette utilisation représente une menace des écosystèmes à cause des abeilles qui raffolent de ces herbes. Mais ces quantités de glyphosate diminue fortement depuis 2013.
Depuis cette date, on constate que les quantités vendues ont été divisées par deux, passant de deux millions à un peu plus d’un million. Cette baisse du glyphosate EAJ vient de l’instauration de la loi LABBE le 6 février 2014. Cette loi a pour objectif d’encadrer l’utilisation des produits phytopharmaceutiques sur le territoire national. Elle interdit notamment l’usage de certaines pour l’entretien des espaces verts. Depuis le 1er janvier 2019, plus aucun particulier ne peut plus utiliser ni détenir de produits phytosanitaires sauf ceux de biocontrôle, à faibles risques et autorisés en agriculture biologique. Nombreux d’entre eux ne sont d’ailleurs plus en vente sur le marché. Preuve que certaines actions marchent. De là approuver que ce soit suffisant, moins sûr…