Ce week-end aura lieu à Santiago de Chili, le VIIème Sommet de l’Union Européenne, de l’Amérique latine et des Caraïbes. Un rendez-vous stratégique qui a lieu depuis 1999 pour réunir les dirigeants de ces régions.

Cette réunion a lieu tous les deux ans pour réunir des dirigeants de l’Union Européenne, des Caraïbes et de l’Amérique latine. Le sommet repose sur une association stratégique bi-régionale basée sur la Déclaration et le Plan d’Action adoptés au Premier Sommet, à Río de Janeiro en juin 1999. Depuis le 3 janvier 2011 ce sommet s’appelle UE-CELAC, du nom de l’entité qui représente l’Amérique latine et les Caraïbes :  la Communauté des États Latino-américaines et Caraïbes (CELAC).

Une relation historique

Le but de cette association est de fortifier le dialogue politique et les relations économiques, surtout commerciales, entre ces deux acteurs internationaux. Historiquement, depuis les années 60, l’Amérique latine a cherché ces rapprochements pour sortir du cercle d’influence de son puissant et interventionniste voisin, les États Unis. Pour sa part, les nord-américains ont resserré leurs relations politiques et commerciales avec l’Asie. Ces alignements ont créé deux grands axes d’action et de collaboration internationale : l’axe Atlantique, formé par le binôme UE-Amérique latine, et l’axe Pacifique, formé par les États Unis et les forces asiatiques.

L’axe Atlantique a prospéré en donnant des fruits pendant des années. Cependant, les enjeux actuels de cette association ont changé depuis les derniers années surtout avec l’impact de la crise économique. L’UE, qui avait toujours joué un rôle dominant, en se posant en guide pour l’Amérique latine, traverse maintenant une de ses périodes les plus douloureuses. Tandis que les pays du continent sud-américain, ont mieux résisté à la décélération économique mondiale malgré sa diversité et le manque d’un puissant projet cohérent ou global.

Deux modèles différents devant la crise

La crise a dévoilé en Europe les fêlures d’un modèle économique basé sur le néolibéralisme. Un modèle qui croyait pouvoir faire de l’UE la plus puissante et dynamique force mondiale en 2020. Mais loin d’atteindre son objectif, la crise a accentué les asymétries profondes à l’intérieur du bloc, en détruisant la perspective de cohésion économique et sociale. Objectif encore plus fragilisée avec l’intention indépendantiste de Grande-Bretagne. Par ailleurs,  de nombreuses protestations sociales ont eu lieu dans l’Europe du sud à cause des dures mesures politiques qui détériorent la qualité de vie des plus vulnérables et qui risquent de détruire le système social, en orientant tous les efforts économiques vers le soutien aux marchés.

Pour sa part, l’accélération de la croissance et la relative résistance à la crise économique mondiale est à remarquer dans les régions de l’Amérique latine et des Caraïbes . Ils ont rapidement récupéré de la croissance avec un taux de 6% dès 2010 et 4’7% en 2012.
Cette situation économique favorable se combine avec un panorama politique novateur. Bien sûr, persistent toujours des fortes contradictions et divergences idéologiques au sein des sociétés. Pourtant,  il existe une tendance politique convergente pour reconnaître la nécessité de trouver des chemins alternatifs pour le développement social et économique. Une idée qui pourrait enrichir le discours de l’Europe, qui ne semble pas être au courant de l’inexorable chute d’une système insoutenable à long terme.

Des activités parallèles : un développement conjoint

Cette année, le VIIème Sommet UE-CELA aura lieu entre le 26 et le 27 janvier à Santiago du Chili. La thématique centrale est  “L’alliance pour un développement durable : promouvoir des investissements de qualité sociale et environnementale”. Le contenu du forum rendra compte de l’importance dans l’agenda actuel de la durabilité environnementale dans un contexte marqué par la menace croissante du changement climatique. Avec la présence confirmée de plus de 40 chefs d’état et de gouvernements, ça sera l’occasion pour promouvoir des investissements de qualité et, à une suggestion du gouvernement de l’Argentine, l’égalité de genre. Autres sujets importants dans l’agenda du forum : la migration, la sécurité et la santé au travail pour garantir de meilleures conditions aux travailleurs et la sécurité sociale des émigrants.

Dans le cadre de la tenue du VIIème  Sommet UE-CELAC des activités parallèles sont programmés dans la même semaine: Le Sommet Académique bi-régional aura lieu le mardi 22 et mercredi 23 janvier, à l’Université Centrale du Chili. Également, le VII Sommet Business UE-CELAC aura lieu entre le 25 et le 26 janvier à Santiago, un rendez-vous international caractérisé pour la présence de plus de 800 chefs des entreprises : une opportunité pour définir des stratégies et projets économiques conjoints, en vue d’installer dans le débat public l’urgence de relations plus justes et solidaires entre les deux régions.

Le prochain Sommet UE-CELAC présente donc une opportunité pour rénover la conception de leur association, en partant d’une relation plus équilibrée pour créer un projet de collaboration réel qui soit avantageux pour les deux parties.