Le mouvement des gilets jaunes s’est formé à travers les réseaux sociaux et surtout Facebook. Une spécificité qui caractérise ses membres, très présents et actifs sur le Web et qui favorise les rassemblements partout en France.

 

  • Facebook, nid de la colère

Sans organisation physique réelle, le mouvement des gilets jaunes s’est développé ces dernières semaines à travers le prisme des réseaux sociaux. Parmi eux, celui qui semble le plus fédérer n’est autre que Facebook.

Le point de départ de leur présence sur le réseau social de Mark Zuckerberg se trouve être les pages dédiées. Plusieurs sont dédiées au mouvement et en sont la base sur internet. De là, partent les invitations à rejoindre la cause des gilets jaunes, des événements. Des vidéos, photos et autres informations y sont également échangées.

Ces pages fonctionnent comme de réels nœuds d’un réseau. En partant de celles-ci, on a accès aux groupes, parfois fermés, de gilets jaunes. Si des groupes importants existent (celui se qualifiant de compte officiel rassemble 1,7 millions d’internautes), d’autres sont plus restreints mais également plus spécifiques. Il est possible de retrouver des groupes de gilets jaunes sur Facebook dédié aux jeunes, aux artistes, etc.

Enfin, dernier outil utilisé par le mouvement sur Facebook, les événements prennent de plus en plus de légitimité. Ils permettent aux gilets jaunes de se fixer une date, un endroit, un horaire et diverses autres informations pour se retrouver, cette fois dans le monde réel.

Que ce soient les groupes ou les événements du mouvement des gilets jaunes, ils sont aisés à retrouver depuis les pages dédiés. Les nœuds du réseau sont bien en place.

Exemple de groupe Facebook à l’initiative des gilets jaunes (capture Facebook).

Les pages, groupes et utilisateurs des gilets jaunes sur Facebook se servent également de l’outil Live pour communiquer. Les messages, que ce soit dans le fond ou la forme, sont différents mais possèdent tous le même but : fédérer le mouvement. Ces Lives sont un moyen de transmettre des idées, de dénoncer tout en affichant une certaine simplicité dans la technique utilisée pour s’enregistrer.

Retranscription tirée d’un Facebook Live datant du 5 décembre 2018, publié par un gilet jaune anonyme :

“Il se trouve que ce mouvement a été lancé sur les réseaux sociaux par différentes personnes et que rapidement la mobilisation spontanée l’a été dans toutes la France. […] L’idée c’est que ce soit un projet de société. Toutes vos idées font un programme de société. Vous étiez nombreux à nous parler et je tenais à faire cette vidéo pour que les choses soient claires.”

Les Lives ont pour intérêt de rassembler et garder actif une communauté en ligne. Et l’un des autres moyens de le faire, notamment sur Facebook, est l’utilisation de l’humour.

Les gilets jaunes ont compris rapidement que l’humour devenait viral très vite sur Facebook. De nombreuses images humoristiques, vidéos, etc. ayant pour thème les gilets jaunes sont publiées. Leur côté viral permet de toucher un maximum d’internautes. Une fois atteint, l’internaute est plus facile à sensibiliser à la cause. Il s’agit là du moins de l’une des tactiques des gilets jaunes sur Facebook.

  •  Grand Est : où sont-ils ?

Dans le Grand Est, le mouvement s’organise et se structure sur les réseaux sociaux. De Sarreguemines à Bar-le-Duc, en passant par Metz, les gilets jaunes se rassemblent sur les groupes Facebook pour partager les points de rassemblements ou tout autre information en rapport avec le mouvement. Leur nombre est estimé à 14 000 personnes sur les cinq groupes les plus importants du réseau social (dont plus de 6 700 rien qu’à Bar-le-Duc).

Les groupes Facebook sont aussi le lieu pour le partage de vidéo parodiques sur Emmanuel Macron, de live de blocages ou d’articles parlant des gilets jaunes. Ils laissent également la possibilité de pouvoir s’exprimer contre le Gouvernement.

  • Quels leaders sous le gilet ?

Devant le manque de structuration initial, les gilets jaunes se sont choisis plusieurs porte-paroles pour s’exprimer devant les médias et face aux membres du Gouvernement. Parmi eux, nous avons sélectionné six portraits présentés comme les visages forts du mouvement dans toute la France. Leur identité, leurs actions sur les réseaux ou dans la vie réelle sont résumées ici.

 

David Tan, un des leaders des gilets jaunes basé à Nantes, après l’invitation d’Édouard Philippe le 4 décembre 2018 :

“Le moratoire était une avancée intéressante mais insuffisante. Je demande le retrait définitif des taxes.”

 

Les différents groupes et pages Facebook sont la preuve du manque de cohérence au sein du mouvement. Le groupe “La France en colère !!!” compte 223 000 membres, ce qui en fait le plus important. Eric Drouet, qui semble être le leader principal aux côtés de Priscilla Ludosky et Fly Rider (Maxime Nicolle de son vrai nom), en est l’administrateur. Ils consultent, par l’intermédiaire des sondages, les abonnés et s’opposent à Jacline Mouraud et Benjamin Cauchy, les électrons libres. Cette absence de légitimité de certains leaders pose question chez les Gilets Jaunes.

 

Article rédigé par l’ensemble des étudiants du MJMN.


Des manifs… et des intox

Les manifestations organisées partout en France depuis le 17 novembre ont donné lieu à de nombreuses “Fake News”, relayées sur les réseaux sociaux. Dans le désordre, on peut trouver par exemple des photos de manifestants blessés… en 2012 lors de mouvements sociaux en Espagne ou lors du référendum en Catalogne l’année dernière.

Autre contre-vérité, l’appel d’un gendarme à “ne rien lâcher” non pas destiné aux gilets jaunes mais pour une manifestation de policiers en colère qui s’était déroulée sur le parvis de Notre-Dame le 21 octobre 2016. Plus cocasse encore, un tweet de la députée En Marche Naima Moutchou qui accusait un gilet jaune d’avoir commis un salut nazi.

Dans la vidéo, l’homme en question faisait en réalité un salut romain en disant « Avé Macron ». Naima Moutchou n’est autre que le rapporteur de la loi anti-Fake News discutée en ce moment au Parlement… En résumé, les fausses nouvelles n’épargnent personne.