Le football reste un sport où le tabou autour de l’homosexualité persiste. Tout particulièrement chez les jeunes joueurs. Face à ce constat, l’association Foot Ensemble mise sur l’échange et l’éducation afin de faire évoluer durablement les mentalités.
« Pour moi, le problème est vraiment dans le vestiaire, dans l’attitude des jeunes, des pros, du coach, dans l’attitude vraiment du milieu pur », déclare Yoann Lemaire, président de l’association Foot Ensemble. L’homophobie est encore très présente dans le football, notamment au sein des jeunes équipes où la sensibilisation paraît plus que nécessaire. « Encore récemment, dans un centre de formation il y avait deux jeunes en couple caché. Évidemment, si ça se savait, ça se passerait très mal. Donc, il faut prendre ça au sérieux parce que c’est un vrai sujet ».
L’association Foot Ensemble a été créée en 2017 par Yoann Lemaire, ancien joueur de football amateur des Ardennes et officiellement premier footballeur à avoir annoncé son homosexualité dans les médias en 2004. Depuis, il travaille dans l’industrie mais maintient son engagement dans la sensibilisation et la lutte contre l’homophobie dans le football auprès des jeunes. L’association est composée de sept personnes intervenantes et de plusieurs autres membres adhérents qui se déplacent dans les clubs amateurs, de formation, pôles espoir mais aussi les collèges et les lycées. Sans oublier les clubs professionnels.
Un manque de sensibilisation ?
40% des jeunes pensent que le football est un milieu homophobe, révèle une étude de 2024 menée par l’association. L’enquête révèle également qu’une majorité des jeunes pense qu’il est difficile de parler de son homosexualité dans le milieu du football. La question du manque de sensibilisation se pose. « On n’en a jamais autant fait. Et c’est ça qui est terrible, c’est qu’on a le sentiment que c’est de pire en pire », réplique Yoann Lemaire. La culture viriliste domine toujours le sport malgré une progression notable dans la lutte contre les discriminations. L’ancien joueur l’assure, l’éducation à ces sujets devrait devenir obligatoire dans les pôles espoir dès l’an prochain. De grandes avancées vers une pratique sportive plus inclusive.
Changer les choses
Afin de poursuivre la lutte, Foot Ensemble organise chaque année une centaine d’ateliers. A côté des échanges avec les jeunes, l’association crée des outils pédagogiques, des vidéos, des documentaires ou encore des jeux. Désormais des plans d’action pluriannuels sont aussi proposés, avec le Paris Saint-Germain par exemple. La lutte contre l’homophobie permet aux intervenants d’aborder de nombreux sujets importants avec les jeunes et de les sensibiliser.
D’après les propos de Yoann Lemaire, le football est l’un des rares sports à se battre contre l’homophobie. « Tout ce qui se passe dans les centres de formation, la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, les maillots arc-en-ciel qu’il y a pu y avoir au club de Metz, par exemple. C’est assez impressionnant tout ce qu’ils font ». En plus de cela, le club messin sous la direction d’Hélène Schrub tente aussi de mener des actions avec les supporters. Foot Ensemble devrait justement bientôt y retourner pour poursuivre la lutte. Le match n’est pas encore terminé.