Je suis allé voir « Astérix : Le Secret de la Potion Magique », de Louis Clichy et Alexandre Astier. Le film d’animation est sorti en salles obscures le 25 novembre 2018. Est-il à la hauteur des attentes ? Le village d’irréductibles Gaulois résiste-t-il encore ? Allons voir ensemble s’ils sont vraiment fous, ces Romains.

Ce qui fait la force d'”Astérix : le Secret de la Potion Magique”, ce sont ses belles images. Le travail n’est pas bâclé. On le ressent d’autant plus quand on connaît son (co)réalisateur. Tout du long, Astier est présent. À chaque blague, chaque chute, chaque virage dans le scénario. Presque trop présent. Bien que surpris par la coupe de cheveux d’Astérix sans son casque, on retrouve des personnages et des décors lisses. Et surtout une histoire correctement ficelée. Panoramix, plus grand druide de tous les temps (si, si), se fait vieux et fragile. Il doit donc se trouver un successeur : c’est parti pour un grand tour de Gaule. Une vraie course contre-la-montre avec le méchant Sulfurix qui veut découvrir le fameux secret de la potion magique. Tous les apprentis druides du pays sont passés au peigne fin pour trouver LE remplaçant. On ne s’y perd pas, l’enjeu est clair, les actions explicites. Parfois même un peu trop prévisibles. Il faut dire aussi qu’Astérix est d’abord une œuvre destinée aux enfants. Mais voilà, le Roi Arthur a prévu le coup.

Astier et ses cartes à jouer

Si la suite des aventures du petit Gaulois excite les plus jeunes, il s’agit surtout de plaire à la génération Y, qui a directement baigné dans les adaptations cinématographiques (notamment avec Claude Zidi en 1999). Le public est alors à reconquérir avec des messages plus forts. C’est là qu’Astier a sorti son petit tour : le tout dernier moment de dénouement du film reflète un sujet on ne peut plus d’actualité. De quoi ravir tout le monde. Avec ça, on découvre le passé de Panoramix et de son antagoniste, Sulfurix. Un travail intéressant saupoudré d’un design à l’ancienne, comme aiment le faire les studios d’animation.

Astier et ses amis

Le rythme est bon, on ne s’ennuie pas avec les voix de Florence Foresti, Elie Semoun, Christian Clavier, et même Alexandre lui-même. Les experts auront aussi reconnu le roi Burgonde (Guillaume Briat) chez Obélix ; ainsi que le père du réalisateur, Lionnel Astier (également chez Kaamelott), aux rennes du forgeron Cétautomatix… Vous avez dit piston ? Fort heureusement, les personnages restent fidèles à la BD. Seule surprise : notre petit héros blond est très secondaire, malgré son nom dans le titre. On retrouve aussi un Obélix effacé, voire un peu bébête, qui n’est pas là pour nous dire qu’ils sont fous ces Romains. Et des sangliers qui parlent aux druides. Mais ça, c’est plutôt fun.

Astier, on l’aime

Même si le film part facilement dans tous les sens (le final est digne d’un film de science-fiction), il sait se rattraper et on n’a pas réellement le temps de se dire que c’est un loupé. Surtout grâce à l’humour, qui détend l’ambiance assombrie qu’apporte le grand méchant druide de feu. L’autre point qui pousse vers le haut : la belle guirlande de références qui réjouissent. On appréciera les trompettes qui chantent le générique de Kaamelott (c’est un film Kaamelott en fait, on s’est fait avoir) ou encore le druide sosie de Jésus qui multiplie les pains. Le tout sur une tartine de Dead or Alive et son rythme endiablé sur Right Round. C’est un bon point, merci Alexandre. Si on sent vraiment bien qu’il se cache derrière nos bien aimés gaulois, il reste un bon réalisateur pour cet opus d’Astérix, qui suit son précédent film. Et c’est un vrai risque qu’il a pris. Alors oui, il est fou ce Romain.