Le 3 novembre dernier, le compositeur et interprète Damien Rice a sorti son troisième opus, “My Favourite Faded Fantasy”. Un album folk inattendu, subtil et innovant.

Son nom ne vous dit peut-être rien. Il est pourtant peu probable que vous n’ayez jamais entendu l’une de ses chansons. Depuis la sortie de son premier album “O” en 2002, Damien Rice est l’un des chouchous des bandes originales de films (Les Petits Mouchoirs, Closer entre adultes consentants…), et plus particulièrement de séries (Grey’s Anatomy, Dr. House, Lost, True Blood…). Le secret de ce succès ? Une musique folk émouvante et sensible qui ne sombre jamais dans le pathos.

Pourtant, 8 ans après son dernier opus “9”, peu attendait encore avec enthousiasme le retour de l’artiste irlandais. Le départ soudain de sa muse, Lisa Hannigan, avec qui il partageait la plupart de ses morceaux , et sa malheureuse collaboration avec l’actrice et apprentie chanteuse Mélanie Laurent, avaient laissé un goût amer à son public. Tous craignant un retour en demi-teinte.

8 ans, 8 chansons

Produit par Rick Rubin (Johnny Cash, Justin Timberlake, AC/DC, Kanye West…), “My Favourite Faded Fantasy” n’a rien à envier à ses prédécesseurs. En 8 ans, Damien Rice n’a pas perdu la main, au contraire. Il propose un album simple sans être simpliste, riche sans être extravagant. A l’inverse d’autres talents de la folk de sa génération comme Sufjan Stevens ou Chris Garneau , le musicien ne succombe pas aux sirènes des musiques électroniques. Habitué des arrangements minimalistes, simples accords de guitare acoustique et notes de piano, Damien Rice a pris le parti d’utiliser davantage les cordes pour donner plus d’ampleur, d’intensité à ses sons. Un renouveau efficace, tout en sobriété.

Chacune de ses huit chansons dure près de six minutes. L’artiste s’est éloigné des structures classiques de la folk, genre actuellement habitué aux titres courts, pour des constructions plus proches du post-rock. Envolées musicales, déluge de cordes, la musique instrumentale prend une place plus importante sur cet opus comme pour “It Takes a Lot To Know a Man”, pépite d’une dizaine de minutes ou « I Don’t Want To Change You », premier single de l’album.

Les performances vocales de Damien Rice sont-elles aussi remarquables. Tantôt chuchotante, discrète presque susurrée, la voix du songwriter s’affirme davantage sur des titres comme “Trusty and True”, ballade lumineuse , qui évoque le meilleur d’ Eddy Vedder  dans la bande originale du film “Into the wild“.

“My Favourite Faded Fantasy” sublime la mélancolie dans une émotion contenue. Désarmant, l’album traite d’amours perdues, de spleen et pourrait bien vous arracher quelques larmes…  Mais rassurez-vous : Écouter de la musique triste rend heureux , l’effet libérateur, est désormais prouvé.

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