Les municipales vues par les enfants : et toi, si tu étais maire ?

Leïla Marchand 23 mars 2014 Commentaires fermés sur Les municipales vues par les enfants : et toi, si tu étais maire ?

Ils ont entre neuf et onze ans et sont engagés dans la politique de leur ville depuis plus d’un an au sein du conseil municipal des enfants de Metz. Camille, Thibaut ou encore Clémentine portent un autre regard sur le scrutin du 23 et 30 mars.

Vous vous souvenez quand vous aviez neuf ans et que l’on vous demandait qui était le président de la République ? Le nom émergeait non sans peine du fond de votre crâne, entre ceux de vos héros de BD préférés et ceux de vos grands-oncles.

Ce n’est pas le cas des 55 jeunes du conseil municipal des enfants de Metz. La politique, cette étrange marotte du « monde des adultes », est aussi leur quotidien, avec déjà plusieurs réunions plénières et projets à leur actif, comme ce mercredi 19 mars sur la place Saint-Jacques où ils ont distribué des cendriers jetables dans le cadre de la lutte contre les incivilités. Et où ils nous ont raconté ce qu’ils ont retenu de la campagne électorale.

« Je sais que l’on va élire un nouveau maire ! Mais que je ne peux pas voter. C’est pour ceux qui ont plus de 18 ans », commence Maëlle, petite brune de 10 ans.

Tout paraît plus simple résumé par des mots d’enfant, comme le prouve Lucie, 10 ans elle aussi : « En fait, il y a des gens qui se proposent sur une liste. Il y a des votes et après on voit qui a eu le plus de votes. Il y a deuxième tour, et là il y a un maire retenu ». Simple comme bonjour, la politique.

Si les enfants étaient aux manettes de la ville, il y aurait quelques points qu’ils changeraient bien. Pour Camille, ce sont les écoles qui sont la priorité : « Si j’étais maire, je rendrais les écoles un peu plus présentables. Je suis dans une école où la peinture s’arrache de partout. La mairie a mis des panneaux sous le préau mais sinon rien n’a été fait ».

Quentin, lui, demande « plus de théâtres », Naïm « plus d’espaces verts » et Clémentine « la fin des rythmes scolaires qui mettent l’école le mercredi » et qui sont « trop fatigants ». Sibel, elle, n’hésite pas à prendre les problèmes à bras le corps… « Il faut baisser le prix des magasins ! »

S’ils n’ont pas toujours une idée très claire des secteurs d’intervention d’un maire, ils savent en revanche très précisément quelles devraient être ses qualités : « écouter les citoyens », « essayer de répondre à leurs questions », « améliorer la ville », « proposer des idées », « ne pas faire uniquement ce qu’il pense lui-même »… Et « être gentil », ajoute Quentin, après réflexion.

Après presque deux ans de mandat de jeune conseiller municipal, ils sont bien conscient que la politique apporte son lot de frustrations et de difficultés. « Ce n’est pas facile, concède Gaël. Notre projet de cendrier exemple a été proposé au début de notre carrière mais il ne se termine que maintenant. On manque de temps ». C’est aussi l’avis de Maëlle, pour qui, « on peut essayer des choses » mais sans oublier « qu’on n’est pas des supers-héros. Si on ne se force pas, c’est raté ».

Thibaut fait partie des jeunes conseillers qui feraient bien de la politique leur carrière. « Ça m’a appris à regarder autour de moi dans ma ville, de voir ce qui allait ou allait pas et à faire de nouvelles choses », se réjouit-il. Ce que préfère Maëlle, elle, c’est l’idée de « représenter son école » : « dès que je passe dans Metz, je peux dire que j’ai aidé à faire ceci ou cela, que c’est un peu grâce à moi qu’il y a moins de cigarettes par terre ». Une belle expérience qui leur a permis de « faire beaucoup de rencontre », « de proposer des idées ». « Je ne pensais pas que j’allais autant me motiver à améliorer ma ville ! » s’étonne elle-même Camille.

Les paroles des enfants, miroirs déformés de celles des adultes ou exemple d’innocence ? Si Naïm conclut que la politique est « un beau métier »« il ne faut pas oublier de prendre du plaisir, pour inciter les gens à suivre notre mouvement », Gaël, lui, n’y ferait carrière « qu’à contrecœur » car il craint « que même si on peut aller au cinéma, sortir, voir des amis, on reste enfermé dans une bulle de politique ».

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