Deux euros les cheapos et jusqu’à 129 pour un 33 tours de Led Zeppelin, ce dimanche 10 octobre les audiophiles fouillent et refouillent les bacs de la foire au disque du Luxembourg.

Le ciel est gris et il pleut des cordes, les pierres jaunes et le toit d’ardoise noir de l’imposante rotonde de la gare du Luxembourg nous renvoient au siècle ouvrier d’Emile Zola. A l’intérieur le contraste est saisissant, dans un chaleureux décor de bois des dizaines de passionnés de musique et des disquaires s’affairent. Autrefois hangar à locomotives, la rotonde est pour un jour la caverne d’Ali Baba du vinyle.

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“Des disquaires viennent de toute la France, d’Allemagne et de Belgique, ils font jusqu’à 500 kilomètres pour venir.” Médéric Kéblé, disquaire de profession et organisateur de la foire, n’est pas peu fier : “il y en a pour tous les budgets, on trouve des pièces de collections et il y en a pour les gens pointus.”

On le vérifie dans les allées de la rotonde, les pointures sont bien au rendez-vous, Luc vient pour la première fois mais il a une idée bien précise de ce qu’il recherche : “des vinyles anciens et des nouveautés stoner et psyché.” Steeve aussi a les mains dans le bac, les pochettes défilent sous les doigts experts de l’ancien du milieu : “du rock, du jazz du blues, j’ai travaillé dans la musique pendant 25 ans,  j’écoute et j’aime presque tout.”

La journée file et les pochettes passent de mains en mains. Au détour d’une allée on entend les passionnés commenter leurs achats : “c’est quoi cette mauvaise impression sur la pochette, ah non c’est un original neuf de 72, tu vois la forme du papier autour? C’est sur les anciens ça, de toutes façons c’est écrit regarde c’est une édition allemande.” Un stand plus loin Benjamin vient de dénicher un petit bijou, un 33 tours de Star Wars en édition dorée s’il vous plaît : “oui c’est plus cher mais je voulais le disque doré pas le noir, c’est complètement geek et j’assume totalement.”