La diffusion de « Tomboy » mercredi dernier a enflammé les esprits. Entre Civitas qui cherchait à l’interdire sur nos écrans de télévision et Arte qui se refusait à le déprogrammer, c’est le public qui a fini par trancher.

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Laure, 10 ans, est un vrai garçon manqué. Elle profite de son arrivée dans un nouveau quartier pour faire croire aux autres qu’elle est un garçon. Laure devient alors Michaël. Sa nouvelle amie, Lisa, ne se doute pas du mensonge et tombe amoureuse. Mais combien de temps Laure gardera-t-elle son secret ? [/toggle]

Les petites filles ont elles le droit de jouer aux garçons ? « Tomboy », réalisé par Céline Sciamma (La naissance des pieuvres), met en scène Laure, une fillette de 10 ans qui se travestit secrètement pour devenir Michaël. Ce film aborde la question de l’homosexualité mais aussi de la « théorie du genre » qui viserait à gommer les différences entre hommes et femmes. En le diffusant mercredi 19 février, Arte a provoqué de nombreuses réactions, parfois violentes.

L’idéologie du genre ?

Deux jours avant que le film soit diffusé, l’association catholique radicale Civitas monte au créneau. Pour eux, « Tomboy » n’a pas sa place à la télévision et surtout pas sur Arte qui doit « concevoir, réaliser et diffuser des émissions de télévision ayant un caractère culturel ». La référence à la théorie du genre explique également leur mécontentement. Ils ne conçoivent pas l’idée qu’une fille puisse se comporter comme un garçon et inversement. Civitas n’en est pas à son coup d’essai. En novembre 2013 déjà, une pétition a été lancée par l’association pour empêcher que des enfants voient ce film à travers le programme « Ecole et Cinéma ». 39.830 personnes ont signé contre cette œuvre jugée de « propagande de l’idéologie du genre ». Pourtant, à sa sortie en 2011, « Tomboy » n’avait suscité aucune polémique. Mieux, 79% des enseignants parisiens l’ayant vu l’ont trouvé « très intéressant », selon Le Figaro.

Succès

Malgré une demande d’annulation et de BOYcott, 1,3 millions de téléspectateurs étaient au rendez-vous soit 5% de part de marché. Malheureusement pour Civitas, la chaîne franco-allemande a enregistré sa meilleure audience à cet horaire depuis septembre. En voulant l’interdire, l’association intégriste a donc créé le buzz à la télé… et aussi sur internet. Le film a reçu beaucoup de témoignages de soutien : les internautes se sont mobilisés, en particulier sur Twitter, où 11 992 messages ont été échangés sur le sujet.

 

 

 

Un soutien retrouvé également dans les médias. Certains n’ont pas hésité à affirmer leur opinion favorable. Libération l’a fait avec humour dans son programme télé en proposant trois fois le même film :

Même la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a défendu l’initiative d’Arte en envoyant, avant la diffusion du film, une lettre à Véronique Cayla, présidente de la chaîne, pour la féliciter d’avoir résisté aux pressions.