Thomas Scuderi, adjoint à la mairie  de Metz et candidat aux municipales en 2020?
Adjoint à la mairie de Metz et candidat aux municipales de 2020, Thomas Scuderi est aussi délgué de l’ADMD

Adjoint à la mairie de Metz et candidat désavoué par son parti (PS)
pour les municipales à venir, Thomas Scuderi est également
délégué départemental de l’Association pour le Droit de
Mourir dans la Dignité. Dans une ambiguïté calculée, ces deux
facettes de sa personalité se répondent et se confondent.

Assis dans le cossu bureau qu’il occupe dans un angle de la mairie de Metz, penché sur un dossier, Thomas Scuderi nous offre tout d’abord la vision du politique. La plus commune. Un politique jeune, la quarantaine, dont le sourire charmant et la gestuelle fluide nourrissent un charisme dont il joue. Ancien maître de conférence en communication, il met son aisance à l’oral au service d’une cause qui lui est chère, “le droit de choisir sa mort

Un metteur en scène de son message

Peut-être sa formation en art du spectacle ou bien celle de politique. Toujours est- que Thomas Scuderi apparaît comme l’habile metteur en scène de son message. “Écrivez vos directives anticipées. Sensibilisez-vous et, portez ce message !” Cette réplique, il l’adresse directement à la caméra, le doigt pointant vers l’objectif. Fier du silence qu’il marque ensuite, il s’enfonce dans son fauteuil et ajuste les pans de son blazer arborant un sourire satisfait.

Le rythme de l’échange est contrôlé. Toujours appuyées par d’amples gestes, il prononce ses paroles avec rythme et fluidité. “C’est notre ultime choix. Un choix personnel. On doit avoir la liberté de vivre et de mourir.” Le ton est donné, les présentations faites.

“Une forme de courage politique”

“On ne se pose certaines questions que si la vie nous y a confronté”, confie-t-il. Or la fin de vie, il l’a vu de près dans sa jeunesse. Le cancer de son beau-père l’a entraîné aux côtés de sa mère dans un combat de plusieurs années avec le corps médical. “Ne pouvant faire respecter les dernières volontés de mon beau-père, on y a perçu une forme d’acharnement thérapeutique“. Cet épisode intime, il l’a déjà livré. Tel un brave justicier, il se promet de mettre fin à l’hypocrisie de notre système de santé et de nos lois. Un rôle noble où l’humilité semble parfois feinte.

“Quand on est engagé politiquement, c’est le genre de sujet que l’on évite.” A l’évocation des motifs de son engagement pour la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, Thomas Scuderi aime à rapporter la mort politique que certains lui pronostiquée alors. « Plusieurs personnes m’ont dit que c’en était fini de moi. »

“Les gens y voient une forme de courage politique. Moi j’y vois une forme d’hypocrisie.” Ces mots, “courage” et “hypocrisie“, Thomas Scuderi les prononcera à maintes reprises durant notre entretien. Une figure de style qui souligne élégamment sa bravoure. Pourtant, le lien qu’il se refuse à admettre entre son personnage politique et cette engagement militant est partout.

Clément Legros