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Le pôle entrepreneurial étudiant de Lorraine (PEEL) propose aux étudiants lorrains de créer leur entreprise durant leur stage de fin d’études. En 2014, il a guidé une trentaine d’étudiants dans leur lancement d’activité.

A la sortie des études, vous pouvez opter pour la voie classique. Chercher un travail, enchaîner les CDD, trouver un CDI et travailler des années pour le compte d’autrui. Certains étudiants dévient de ce chemin tout tracé. À peine diplômés, ils se lancent dans la grande aventure : créer leur propre entreprise. Il peut paraître risqué de prendre de telles responsabilités avec si peu d’expérience. Heureusement, des organismes existent pour les guider. C’est la mission du PEEL. Il propose chaque année aux étudiants lorrains de suivre un stage intensif de 6 mois en création d’entreprise, « les business unit ». Rencontre avec ces jeunes qui ont décidé d’inventer leur propre emploi.

Se confronter avec soi-même

A la base, une même envie pour les 27 étudiants des business unit : devenir son propre chef. Pourtant, être totalement indépendant n’est pas si évident. Pour se diriger par soi-même, il faut d’abord bien se connaître. Les stagiaires commencent leur formation par des cours de « connaissance de soi ». Accompagné de spécialistes, ils déterminent leur profil MBTI, une typologie de comportements révélée par Jung. Un outil pratique pour connaître ses qualités, ses défauts, sa façon de fonctionner.

Difficile alors d’accepter qu’on ne soit pas aussi extraverti, créatif ou organisé qu’on l’imaginait. Certains traits de personnalités s’avèrent même handicapants pour la création d’entreprise. La timidité par exemple. Le relationnel joue une part essentielle à la réussite d’un projet.

Se confronter avec les autres

Alexandre Frantz, co-fondateur de Songpeek, site d’écoute en ligne de musique gratuit et sans publicité, se rappelle encore du premier jour : « J’ai beaucoup appris en écoutant les idées des autres. Présenter son projet devant tout le monde n’était pas aisé ». Tout le long du parcours business unit, les apprentis-chefs d’entreprise sont appelés à parler de leur projet. Étudiants, professeurs, professionnels, chacun émet critiques et conseils à ces jeunes porteurs de projets. « Ce qui m’a le plus aidée, c’est de confronter mes idées avec les autres » rapporte Jessica Bontemps, qui veut proposer aux malades des pâtisseries adaptées à leurs pathologies.

Lorsque les commentaires sont trop négatifs, ils peuvent compter sur leur chargé de mission pour les rebooster. Deux fois par mois, les stagiaires rencontrent un membre de l’équipe du PEEL pour suivre l’avancement du projet. « C’est celui qui te fais te poser les bonnes questions » explique Pierre Monnin, initiateur de Pifactor, une application qui permet de créer facilement des animations lumineuses via plusieurs projecteurs. Alexandre continue « grâce à son regard externe, il m’a permis de me rendre compte des choses que je ne voyais pas seul ».

Les business unit sont aussi accompagnés par une panoplie de professionnels et chercheurs. « J’ai beaucoup aimé le cours sur le plan de financement. L’intervenant était très pédagogue et accessible aux échanges », raconte Pierre. La philosophie du PEEL est claire : un entrepreneur ne doit jamais s’isoler chez lui. Pour avancer, il va falloir regarder la réalité du terrain : le public, les clients, les partenaires, les concurrents…

Se confronter avec le terrain

Un créateur d’entreprise a deux jobs : imaginer une stratégie puis tester son scénario. En se rendant sur le terrain, en rencontrant les acteurs de son environnement, il se rend compte du fossé entre ses hypothèses et la réalité. « Au fil des discussions, j’ai totalement changé mon projet. J’ai compris que mon modèle économique n’était pas viable. » rapporte Alexandre. « En partageant le quotidien d’un boulanger, j’ai ouvert les yeux sur leurs conditions de travail » ajoute Jessica.

C’est aussi par cette étape que les stagiaires ont façonné leur réseau professionnel et trouvé leurs premiers clients. « Aujourd’hui on va peut-être avoir notre troisième client !» s’enthousiaste Alexandre. Si tous les business unit ne créent pas nécessairement leur entreprise à la sortie du stage, le PEEL compte tout de même de belles réussites. Plusieurs stagiaires ont gagné des concours prestigieux comme le prix PEPITE ou la Startup Weekend. « Grâce au PEEL, je suis sorti de ma zone de confort, l’informatique. J’ai découvert la communication, le marketing, la finance. J’ai gagné en maturité. » retrace Pierre. Jessica conclut : « Je suis passée de l’idée au projet. ».

Portrait vidéo de Franck Houbre, gagnant du prix PEPITE pour My Music Teacher
Portrait vidéo de Léo Thomas, gagnant de la Startup Weekend pour ASSIPE

[toggle title=”Comment rejoindre le PEEL ?”]

Les conditions ? Être étudiant et avoir une idée d’entreprise novatrice !

Etape 1 : Inscription en ligne
Avant le 31 décembre 2014, les porteurs de projets doivent s’inscrire en ligne.
Etape 2 : Dossier de candidature
Une fois inscrit, il faut compléter sa candidature par l’envoi du dossier de candidature.
Etape 3 : Entretien
Tous les dossiers envoyés passeront devant un comité de sélection. La date de l’entretien sera le 22/01/2015 à partir de 9h.
Etape 4 : Validation du stage
La décision finale de la sélection au parcours Business unit sera rendue avant le 31/01/2015.Il faudra ensuite obtenir l’accord du responsable de formation et la signature de la convention par l’établissement scolaire.

Les dossiers seront jugés sur :
– l’aspect novateur du produit / service
– le modèle d’affaires
– la motivation et la personnalité du candidat

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