Crédits photo : Philippe Neu, Le Républicain Lorrain
Pierre Tacconi est, depuis 2020, le maire de la commune de Guénange qui compte environ 8000 habitants. Également conseiller départemental et vice-président de la Communauté de Communes de l’Arc Mosellan (CCAM), il raconte son goût pour la chose publique, mais aussi les contraintes que cela impose.
Un costume bleu marine, des lunettes rectangulaires aux branches fines et une mine laissant transparaître une certaine jeunesse. Pierre Tacconi, 34 ans, est le maire de Guénange depuis 2020. Un rire communicatif remplit un bureau au sein duquel le plan de Guénange trône fièrement. À l’image de l’élu départemental qui a toujours voulu faire du local le cœur de sa vie politique. Le vice-président de la Communauté de Communes de l’Arc Mosellan (CCAM) explique que, pour lui, c’est sur ce plan que s’écrit notre démocratie. Il considère que c’est au contact des gens que la politique se joue. Le maire de 34 ans ne refuse jamais une discussion avec un de ses administrés. Il est intimement convaincu que c’est par ces moments d’échange que les personnes se sentent considérées. Pour lui, le local est ce qui permet d’avoir le plus grand impact sur sa communauté. Natif de Guénange, il a toujours voulu s’investir dans la vie publique et pouvoir changer sa commune.
« Petit j’ai vécu les municipales comme un gamin content d’aller tracter pour son père »
La politique a toujours été dans la vie du maire. Son père était conseiller municipal d’opposition lors de son enfance. « Petit j’ai vécu les municipales comme un gamin content d’aller tracter pour son père » se souvient-il. Et être immergé dans la politique dès cet âge prépare également à ses frasques. Le Guénangeois explique que dans la cour de récréation de l’école primaire, les « petits copains à l’école ne font pas trop de différences » et n’hésitent pas à le railler. Malgré tout, l’attachement à la politique reste ancré dans un coin de sa tête. C’est alors qu’en 2011, son père se retire de la vie politique. Mais ce qu’il ne sait pas encore, c’est que l’aventure politique de son fils vient tout juste de commencer. Il débute en s’engageant au Parti Radical Valoisien. Motivé à rejoindre notamment Jean-Louis Borloo étant, pour lui, un véritable exemple de l’Homme d’État tel qu’il l’imagine. En 2015, il est choisi comme conseiller départemental remplaçant du duo Isabelle Rauch – Pierre Zenner. En 2020, il devient maire de Guénange et 1 an plus tard, conseiller départemental. Entre toutes ces casquettes, ce fan du FC Metz se doit de sanctuariser son temps personnel.
Le temps personnel, un choix
Le travail des agendas devient de l’orfèvrerie. Entre son temps partiel professionnel et ses différents mandats, la semaine semble ne pas comporter assez de jours. Il faudrait parfois pouvoir multiplier les heures de certaines journées pour pouvoir caler tous les rendez-vous. D’autant que l’engagement est le trait de caractère qui le définit pour ses collègues élus. Alors le temps personnel devient alors un choix. Sur son agenda, le président de Moselle TV se doit de bloquer des créneaux, de les sanctuariser pour s’assurer de prendre du temps pour soi. Il profite aussi des rares moments où « les urgences peuvent attendre le lendemain » pour enfourcher son vélo lorsque la météo le permet. 1 week-end sur deux, l’élu s’offre une parenthèse loin des mandats en se rendant au stade Saint-Symphorien. Là-bas, il refait vivre l’enfant qui scrutait chaque match de l’équipe attentivement, attendant la moindre occasion pour laisser exploser sa joie. Un hobbie révélateur de la « sympathie et l’accessibilité » qu’Alex Gutschmidt, un élu travaillant régulièrement avec le Guénangeois, lui trouve. Pour le conseiller départemental, le stade permet d’accomplir les mots de Jacques Brel qu’il reprend à son compte : « il faut que le corps exulte ». L’ambiance de stade « se vit ». Mais les parenthèses ne durent jamais bien longtemps. Le quotidien finit toujours par se rappeler à lui, notamment en ces périodes électorales. À l’aube des élections municipales de 2026, la campagne à mener vient ajouter davantage de rouages à intégrer à la délicate machine horlogère de tous ces agendas.