Avec la sortie prochaine de leur deuxième album intitulé Hara le 5 juin 2020, les trois musiciens Bordelais s’imposent comme la révélation musicale rock de cette année 2020. À l’occasion de leur passage aux Trinitaires de Metz le 12 mars dernier, nous avons eu l’opportunité d’échanger avec eux. Portrait d’un groupe passionné, mais surtout passionnant.

Pantalon pattes d’eph, cheveux longs, et tapis orientaux, c’est dans leur univers tout droit sorti des années psychédéliques que les Dätcha Mandala nous ont accueillis avant leur concert. Originaires de la région Bordelaise, les trois musiciens ont commencé à jouer sur les bancs de l’école en 2009 et ne se sont jamais quittés depuis. Ce qui les rassemble ? Un immense attrait pour les grands classiques du rock, comme le souligne Jérémy, guitariste du groupe : “Nous écoutons des styles de musique assez différents. Cependant, les années soixante-dix et des groupes tels que les Beach Boys, Hendrix ou The Doors, c’est notre point de raccord à tous les trois. Lorsqu’on joue, nos valeurs et inspirations communes ressortent naturellement.”

“L’aspect philosophique et l’état d’esprit de la musique orientale nous attire beaucoup”

Régulièrement comparés aux légendaires Led Zeppelin, cela ne décourage pas pour autant les Dätcha Mandala, qui le voient au contraire d’un œil plutôt gratifiant. “Nous n’avons jamais cherché à reproduire qui que ce soit. Quand les gens nous comparent avec des groupes comme Led Zeppelin, tant mieux, on ne va pas se plaindre. Ils font partie de ceux qui ont influencé beaucoup de monde, nous y compris.” Des influences diverses et variées, qui vont bien au-delà des années soixante-dix et de la musique, comme le rappelle Nicolas, chanteur du groupe. “Nous cherchons l’inspiration dans tout ce qui nous entoure, nos voyages, nos expériences. Par exemple, les sons, l’aspect philosophique et l’état d’esprit de la musique orientale nous attirent beaucoup.”

Un large éventail de sonorités, qui se retrouve d’ailleurs sur Rokh, leur premier album studio sorti en 2017 et entièrement réalisé en analogique. “Il n’y a pas eu un ordinateur de la phase d’enregistrement jusqu’au pressage sur vinyles, afin d’avoir ce son qui se rapproche vraiment de ce qui se faisait dans les 70’s” souligne Jean-Baptiste, batteur des Dätcha Mandala. Pour leur second album Hara, les musiciens ont souhaité mêler à la fois des prises de son analogique et un support numérique. Un parti pris leur permettant d’avoir un son plus moderne et rock, qui se différencie ainsi de leur premier album. “Avec Hara on souhaitait se rapprocher de notre époque, avec des sonorités différentes, comme Royal Blood ou Jack White.”

“Nous on fait du rock, car c’est ce qui nous sort des tripes”

Avec les tendances musicales actuelles, le rock n’est plus vraiment un genre dans l’air du temps, comme le souligne Jérémy, guitariste des Dätcha Mandala : “Bien sûr, c’est plus compliqué de faire de la musique en étant un groupe de rock aujourd’hui. Dans les festivals ce sont surtout des artistes rap et électro qui sont programmés.” Des facteurs socio-culturels et économiques qui ne semblent pas démotiver pour autant les trois musiciens. Ce n’est ni l’affluence des gens ni la mode qui font que l’on doit jouer de la musique ou pas. Nous, on fait du rock car c’est ce qui nous sort des tripes. S’il y a des gens pour l’écouter tant mieux, s’il n’y en a pas, tant pis. Mais on ne changera pas pour autant.”

Un amour pour le rock et une motivation sans failles, qui semblent déjà porter leurs fruits. En effet, les trois musiciens ont eu l’opportunité de se produire au Stade de France le 15 septembre 2017, comme première partie du concert des Insus, ex-Téléphone. “Jouer devant plus de 30 000 personnes, c’était magique”. La suite pour eux ? “Wembley Stadium !” s’exclament-ils songeurs mais déterminés. Cependant, d’autres endroits comme l’Amérique du sud et le Japon font également rêver les Bordelais. “Lorsqu’on part en tournée et que l’on voit quel impact positif a notre musique sur les gens, aussi bien dans le nord de l’Angleterre qu’au fin fond de l’Italie, c’est fantastique. Cela nous inspire vraiment et nous offre de superbes souvenirs.”

C’est grâce à notre amitié que l’on passe les épreuves difficiles

En grandissant ensemble, les Dätcha Mandala ont su garder cette certaine complicité qui les relie toujours autant, encore aujourd’hui, comme le rappelle Nicolas. “La musique, c’est un métier qui peut être compliqué. Avec beaucoup de frustrations, d’attentes, des hauts et des bas. Si nous ne sommes pas soudés entre nous, ça devient vite compliqué.” Après un temps de pause, c’est avec une certaine cohésion que les trois musiciens ajoutent : “Le fait que l’on se connaisse depuis longtemps, ça aide vraiment à faire tenir notre groupe. C’est grâce à notre amitié que l’on passe les épreuves difficiles.”

Lorsqu’on leur demande d’imaginer où est-ce qu’ils aimeraient se voir dans cinq ans, le groupe est unanime. Ils souhaitent avant tout évoluer, gravir des échelons et principalement continuer à faire ce qui les anime, c’est-à-dire de la musique et des concerts. “Notre but, ce n’est pas de devenir un grand groupe comme Led Zeppelin. On souhaite simplement continuer à progresser, tout en restant épanouis dans ce que l’on fait. Le plus important c’est de ne surtout pas perdre cette passion que l’on a depuis toujours lorsqu’on joue de la musique.” déclare Jean-Baptiste, batteur du groupe.

Une passion fulgurante pour le rock et la musique, qui ne semble donc pas encore être prête à s’éteindre chez les Dätcha Mandala. Les trois musiciens sont impatients de sortir leur deuxième album studio Hara, bientôt disponible le 5 juin 2020. D’ici là, vous pouvez toujours patienter en visionnant “Stick It Out”, leur nouveau clip rock’n’roll et explosif, sorti le 24 mars dernier.

Charlène Dosio