Les chauffeurs de taxis ne décolèrent pas. Après une manifestation lundi à Paris dénonçant “la mort programmée du taxi”, une nouvelle manifestation au niveau national a eu lieu jeudi 13 février. En cause : la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) jugée douteuse par la profession.

Depuis quelques jours, les chauffeurs de taxis multiplient les mouvements de grève en France. La raison ? Les VTC – voiture de tourisme avec chauffeur -, qui ne fonctionnent pas comme les taxis et “volerait” leur clientèle. En effet, pour utiliser ce type de transports, les clients  doivent impérativement faire une réservation en amont. Et c’est le non respect de cette règle qui est pointée du doigt. Mais la grosse différence vient surtout du fait que les chauffeurs de taxi payent beaucoup plus cher leur licence : un véhicule de tourisme avec chauffeur ne coûte que 100 euros, contre 230 000 euros pour la licence de taxi à Paris. Un écart conséquent.
Au gouvernement, on tente de régler la situation avec la création d’une mission de concertation, lancée mardi dernier sous la direction de Thomas Thévenoud, député socialiste de Saône-et-Loire. Malgré ces négociations, la grève des taxis continue et ce jusqu’au gel des immatriculations de VTC exigés par les syndicats. Gel obtenu jeudi 13 février au soir, puisque le gouvernement a décidé de “reporter” les réunions de la Commission d’immatriculation des VTC jusqu’à la fin de la concertation.

Une manifestation prévue le 27 février au niveau régional
A Metz, ce ne sont pas uniquement les VTC qui sont craints par les syndicats.“Nous avons des transporteurs très agressifs qui s’attaquent à nos marchés, mais nous essayons de nous battre comme on peut.” explique Christian Nicolas, président du syndicat des taxis de Moselle. 

Mais les chauffeurs de Metz soutiennent leurs collègues parisiens. “On ne peut pas demander à une catégorie professionnelle d’avoir une réglementation lourde et à d’autre de faire ce que vous voulez !” Et la liste de leurs revendications est longue : examen d’entrée, nombre limité de voitures, indemnités sur le prix des licences, 90 euros minimum la course pour les VTC… 

“Les VTC sont auto-entrepreneurs, ils ne rapportent rien à l’état, alors que nous on paient plein pot !”  s’indigne le président des syndicats. Et c’est donc pour lutter contre ces concurrences déloyales que la région de Metz propose une manifestation le 27 février prochain, notamment pour dénoncer l’article 39 du PLFSS qui propose des appels d’offres groupés pour le transport sanitaire. “Le transport sanitaire concerne plus de 80% de nos services, on ne peut laisser faire ça !” s’indigne le président.

“Beaucoup plus facile de devenir VTC”
“Ces mouvements de grève font peur aux jeunes qui veulent se lancer dans le métier.” souligne le président de 
l’association de Radios Taxis de Metz, Raymond Garniche. Et ça se comprend. Il est en effet beaucoup plus facile de devenir VTC que chauffeur de taxi. “Ils n’ont pas besoin de passer des examens, de licence, de visites médicales, de contrôle technique… C’est vraiment beaucoup plus simple ! C’est une concurrence complètement, mais complètement déloyale.”

Et même si Metz n’est pas encore touché par la concurrence des VTC, les chauffeurs de taxis sont sûrs que cela ne saurait tarder. Une arrivée dont Michaël, chauffeur à Metz, ne comprendrait pas l’utilité.

L’absence des VTC n’empêche pas Alain et Michaël, chauffeurs de taxis de s’indigner de cette concurrence qu’ils jugent déloyale.

Pour Alain, le problème ne se limite pas à une simple guerre entre taxi et VTC. Il considère que ces derniers sont exploités.

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