Dix ans après avoir découvert le rap, Krimomyk, artiste de Mont-Saint-Martin, vient de sortir son premier album intitulé “Mes reflets”. Le début d’une aventure pour ce passionné de 24 ans. Découverte.

Chaine en or coincée entre les dents, voix rocailleuse sur fond de dérapage en Ferrari, le rap marque son temps et les esprits à coups de paroles crues et de pistolets chromés. Loin de Miami, Longwy, plus proche des cendres de l’industrie que du sable doré ne laisse de place qu’aux regrets et la nostalgie. Les parties de foot improvisées sur les parkings, les soirées en bas du bloc et la musique sont des plaisirs simples qui soufflent sur la grisaille ambiante. Quittant sa flemme et guidé par sa flamme, Karim Amouche attise un bonheur si rare entre les blocs. Le jeune homme de 24 ans révèle ses failles et ses défauts à travers de rimes fines et des phases de rap qui passent à deux millimètres de la réalité. Des paroles qui circulent entre ses oreilles mais qui résonnent comme universelles.

C’est le groupe Sniper qui a le premier gravé ses paroles dans le crane de Karim. Frappé par les voix qui tapent et les textes qui prennent des risques, il se reconnait dans les albums des Parisiens. De Marseille à la capitale, s’étend alors devant lui toute la clique des rappeurs français, IAM et la Fonky Familly en tête de cortège. Le rap le guide et lui brule les doigts. C’est à travers un stylo à bille que l’adolescent de Mont-Saint-Martin copie ses ainés et s’acharne sur le papier. Premiers textes à 14 ans, il garde à l’esprit la cohérence de la réalité et tente d’inscrire la poésie de la vie. Né en Algérie et faisant ses premiers pas en France dans les années 90, il place ses doutes et ses forces au centre de ses rimes. A force de persévérance et d’acharnement, il parvient en 2011 à atteindre un premier palier avec sa victoire dans le concours des Ailes de la Diversité.

Une victoire qui le fera voler vers son rêve de produire un album. Un rêve qu’il a d’abord touché du bout des doigts quand le rappeur est monté sur scène pour faire la première partie des Sniper, les mêmes qui lui avaient donné goût à la musique quelques années plus tôt. Une expérience inoubliable qui n’a fait que renforcer une volonté à toutes épreuves et un amour passionnel pour le rap. Après deux ans à écumer les studios et des heures d’enregistrement inchiffrables, il donnait naissance à son premier bébé au mois de décembre dernier. Un album personnel, profond et teinté de mélancolie qui avec des paroles sincères et authentiques se veut le porte-voix des jeunes de son âge, sans décalage avec le réel. Il y raconte sa vie, ses doutes, ses reflets, dans lesquels il est aujourd’hui fier de se regarder.