Dans le Paris des années 30, un orphelin s’embarque dans une quête qui le mènera aux prémices du cinéma. Le film Hugo Cabret, de Martin Scorsese, risque d’étonner les adeptes du réalisateur.

Hugo-Cabret

Au cinéma Palace de Metz, à la séance en version originale, la foule ne se presse pas. Mais parmi les personnes présentes, le film fait l’unanimité. Premier film en 3D pour le réalisateur Scorsese. Le résultat a plu. Thibaud, 19 ans, voit régulièrement des films en 3D, il est généralement déçu. Ce n’est pas le cas ce soir : “C’est le meilleur que j’ai vu depuis Avatar.” Alexandre, étudiant en cinéma, partage son point de vue. “Scorsese a très bien géré la 3D. Jusque là, je n’étais pas convaincu. Généralement l’histoire ne suivait pas.”

La 3D n’est pas la seule surprise que Martin Scorsese réserve à son public. Loin de ses thèmes de prédilection, l’univers d’Hugo Cabret est fait de fantaisie, de rêves et de bons sentiments. Thibaud s’en étonne : “J’ai déjà vu d’autres réalisations de Scorsese, le sujet est totalement différent. Pour une fois la mafia n’apparaît pas !” Ce long-métrage est un moyen d’entrer en douceur dans l’univers du réalisateur pour Lahcen, 28 ans. “Un film de Scorsese c’est une première pour moi. Il m’a donné envie de découvrir les autres.” Alexandre, au contraire, n’est venu que pour le réalisateur. “J’ai d’abord été découragé par la bande annonce, mais finalement le film est un chef d’oeuvre”.

Il est vrai que la bande annonce ne correspond pas au long-métrage. Quand il ne semble viser qu’un public familial, le film dévoile en fait un message plus profond. Scorsese a surtout voulu transmettre sa passion du cinéma. Il plonge le public dans l’imagination de Mélies, en retraçant son histoire. “C’est une véritable déclaration d’amour au cinéma”, salue Thibaud. Le réalisateur revient aux fondements du septième art, à l’heure du bricolage des premiers effets spéciaux. Un voyage pédagogique qui laisse les spectateurs sous le charme. “C”est un conte magnifique qui retranscrit bien l’esprit de Mélies” s’emerveille Alexandre. “C’est un véritable hommage au cinéma”.