Mise à jour du 18 décembre 2012 : le procureur général de Metz demande le renvoi de Francis Heaulme devant les Assises. Décision attendue le 21 mars 2013.


Emprisonné depuis 1997, le tueur en série Francis Heaulme, originaire de Metz, fait de nouveau parler de lui. Le parquet général de la ville souhaite le renvoyer devant une cour d’assises pour le meurtre de Montigny-les-Mètz. Webullition vous propose un portrait de ce “routard du crime” et une chronologie de l’affaire.

«Montigny, c’est pas moi. Mon style, c’est l’Opinel. Et j’étrangle à mains nues», répond Francis Heaulme à ceux qui l’accusent du double meurtre d’Alexandre Beckrich et Cyril Beining en 1986. Les deux enfants âgés 8 ans ont été retrouvés sur une voie ferrée de Montigny-lès-Metz, le crâne fracassé.
En octobre dernier, le parquet général de Metz a demandé son renvoi devant une cour d’assises. Surnommé «le Routard du crime», l’homme devra y répondre du meurtre des deux enfants. Un crime jamais élucidé et pour lequel Patrick Dils avait été condamné à deux reprises avant d’être acquitté en 2002. Cette demande sera examinée le 18 décembre prochain.

Francis Heaulme a toujours nié son implication dans cette affaire. Mais plusieurs fois, il a avoué s’être rendu sur les lieux du crime le jour du double meurtre et avoir «retourné l’un des deux corps», avant de revenir sur ses propos.

Une jeunesse traumatisante

Ce «Routard du crime» a connu une enfance particulièrement agitée. Très jeune, il est victime de son père alcoolique qui le frappe à coups de nerf de bœuf et de câbles métalliques. Lorsqu’il rentre de l’école, personne n’est présent pour s’occuper de lui. Ses camarades de classe le surprennent en train de manger le contenu d’une poubelle et le surnomme «Félix le chat». A 25 ans, sa mère, à laquelle il voue une folle admiration, décède suite à un cancer. Cela provoque chez lui un choc émotionnel sans précédent.

Il commence alors une vie de vagabond, se plonge dans l’alcool et tente de se suicider. Décrit comme faible d’esprit et influençable, il parcourt la France à pieds, en stop ou en train. La même année, il commet son premier crime avec un complice. C’est par ce biais là qu’il pourra assouvir une partie de ses “pulsions sexuelles”. «L’attachement incestueux de Heaulme à sa mère l’a fait basculer», déclare à plusieurs reprises l’un de ses avocats.

Une psychologie perturbée

Les médecins découvriront plus tard chez lui la présence du «syndrome de Klinkfelter» : une anomalie chromosomique se traduisant par une atrophie des testicules, une légère débilité et une altération de l’identité. D’après eux, le déchaînement de violence dont il fait preuve serait un moyen de dépasser son impuissance sexuelle.

Plusieurs fois, il parle de ses meurtres à du personnel médical qui ne le croit pas, trop habitué aux affabulations fréquentes de Heaulme. Parfois, il se rend dans des gendarmeries et y raconte des agressions imaginaires, ce qui en fait par la suite un personnage très difficile à cerner. Francis Heaulme ne sait pas pourquoi il tue. Il parle à plusieurs reprises de visions, et mélange les dates, les lieux, les identités…

Toutefois jugé responsable de ses actes, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour ses crimes. Certaines affaires dont il s’accuse avant de revenir sur ses propos restent cependant non élucidées, à l’image du cas de Montigny-lès-Metz.


26 ans de bataille judiciaire