Une Britannique partie vivre en France a forcément beaucoup de choses à dire, que ce soit sur elle-même ou sur le pays qu’elle visite. Illustration mardi soir avec Emma au Bulles Bar de Metz, à l’occasion du Café des Langues.

 

Emma, la vingtaine toute pimpante, n’est finalement pas déçue par la Lorraine et les Messins

Transportant ma malle à stéréotypes, je décide d’aborder une jeune anglaise qui paraissait s’ennuyer. Premier problème, son sourire désarmant, pas franchement antipathique envers les « French lovers »…je passe outre ce piège et continue le stratagème du cliché. Emma, jolie rousse londonienne de 20 ans, commence par me raconter son parcours : « J’étudie l’histoire de France à Oxford. La dernière période que j’ai étudiée était celle de Napoléon en Egypte. » Motivée par un de ses professeurs et confortée par ses expériences de voyages avec ses amis, elle se décide à franchir le pas en vivant une expérience durable au pays de Molière et de Bob Tahri. « Dans le train, je n’avais jamais vu autant d’usines. Je me suis dit : “Oh my God ! J’arrive dans une région industrielle !”, mais je suis contente maintenant », avoue-t-elle dans un français quasi-parfait, consciente d’avoir été confrontée au premier cliché lorrain.

Pourquoi avoir choisi Metz au fait ? Après avoir écumé le Sud de la France, la jeune Britannique a dressé une liste où la Lorraine était en troisième position : « J’ai entendu que Lyon proposait la meilleure nourriture en France, que Nantes proposait la meilleure qualité de vie, mais la Lorraine était conseillée par mes professeurs pour la mentalité des gens et les relations humaines. » La gastronomie française comme premier critère…mange-t-on donc si mal en Angleterre ? Emma s’offusque, à l’anglaise naturellement, et rentre dans mon jeu : « Non ! Mais je ne suis pas une experte en gastronomie donc je goûte de tout… »

Et à part ça, comment se passe le travail ? « Je suis au collège René Cassin, où j’enseigne la monarchie, la nourriture et le “lifestyle anglais”de façon globale, à des jeunes de 11 à 15 ans. Mais cela dépend aussi des profs » déplore-t-elle, agacée de recevoir parfois des consignes cinq minutes avant le début de ses cours. Toujours aussi surprenante, elle finit par révéler l’idée qu’elle se faisait des Français « Ils sont tous assez sympas, sauf à Paris où la mentalité est un peu snob. Les hommes aiment draguer, et les femmes sont super minces et savent qu’elles sont belles… »

Le constat est sans appel pour le pays de l’amour : désarçonné par tant de spontanéité, je pose une dernière question. Quid de son avenir ? « Je ne veux pas être coincée dans un bureau, ou alors seulement après avoir vu le monde (sic) : j’habiterai un peu en France, un peu en Italie et je rentrerai à Londres ! » Sur le point de partir, Emma m’interpelle en souriant : « Pourquoi vous me dites “vous”et après “tu” ? Ce n’est pas très gentil de faire le contraire de ce que me disent mes professeurs…» La France recèle bien des mystères pour qui vient d’ailleurs…