Préparez vos haches et vos boucliers pour l’ultime bataille ! A peine échappés de la menace des Mayas du 21 décembre 2012, nous revoilà face à la fin du monde. Et cette fois, ce sont les Vikings qui mettent le couvert, pour le 22 février. Ragnarök  – Destin final des dieux – c’est le nom de la fin du monde dans la mythologie nordique, où les divinités du panthéon viking s’affronteront aux côtés des hommes dans un combat final donnant naissance à un monde nouveau.

Une fin des temps annoncée en point d’orgue du festival Viking Jorvik à York (Angleterre), issu d’une tradition ancestrale nordique appelée Jolablot. Une fête qui, à l’origine, célébrait l’arrivée du printemps et la fin des privations de l’hiver. Longtemps oubliée – depuis le premier millénaire – cette manifestation a revu le jour dans les années 1980 où la “York Archaeological Trust” a relancé la tradition. Depuis, au programme, des visites guidées du musée Jorvik Viking Centre, à York, des animations d’époque et des reconstitutions de batailles. Il s’agit du plus grand festival viking d’Europe avec près de 40 000 visiteurs chaque année.

Un geste malheureux

Et justement, afin d’annoncer la 30ème édition du festival, un viking contemporain a commis l’irréparable. Il a soufflé dans le Gjallarhorn, un genre de cor, qui est censé annoncer par ses notes de musique l’arrivée du Ragnarök d’ici 100 jours. Or, c’est en novembre dernier que le son de cet instrument particulier a résonné, plaçant donc la date de la fin du monde ce samedi 22 février. Cette année, 300 personnes déguisées en Vikings se dirigeront donc à York pour reconstituer des combats d’époque au cœur de la ville dans l’attente (qui sait ?), de se faire rejoindre par les dieux Thor et Loki sur le champ de bataille.

Ragna.. Quoi 

Les enfants de Loki, Hel, Fenrir et Jörmungandr et leur mère Angrboda par Emil Doepler. Source : Idavoll

Le Ragnarök qui signifie “destin final des dieux” est une fin du monde dans la mythologie nordique. Un mythe centralrelaté principalement dans L’Edda poétique, un manuscrit islandais du XIIIème siècle qui regroupe plusieurs poèmes. Il s’agit aujourd’hui de la source la plus importante autour de la mythologie scandinave.

Une apocalypse qui doit se dérouler en plusieurs étapes. D’abord, un hiver sans soleil d’une durée de trois ans débutera les hostilités. Suivra ensuite une guerre entre les dieux et des géants de glace. Aux côtés d’Odin, les guerriers du Valhalla – le paradis viking accessible en mourant sur le champ de bataille – affronteront Loki et les géants, accompagnés des morts indignes. Le loup immense Fenrir et un serpent de mer se joindront à ces forces obscures. Dans ce conflit, la quasi totalité des hommes et des dieux mourront et une série de catastrophe naturelle nettoiera la surface du monde par les flots et par les flammes. Mais de ce puissant cataclysme suivra une renaissance grâce aux survivants Líf et Lífþrasir, un couple qui aura la lourde tâche de repeupler le monde avec l’aide des dieux Baldr, Hödr, et Vidar.

[toggle title=”Extrait du poème Völuspá dans lequel sont évoqués les événements terrestres du Ragnarök”]Les frères se battront
Et se mettront à mort,
Les parents souilleront
Leur propre couche ;
Temps rude dans le monde,
Adultère universel,
Temps des haches, temps des épées,
Les boucliers sont fendus,
Temps des tempêtes, temps des loups,
Avant que le monde s’effondre ;
Personne
N’épargnera personne.[/toggle]

 

1 500 ans d’Apocalypses

Mais Vikings et Mayas ne sont pas les seuls à jouer les Cassandre. Depuis la fin de l’Empire Romain, pas moins de 183 fins du monde ont été répertoriées par l’historien Luc Mary. Des plus farfelues aux plus terrifiantes, retour sur les plus marquantes et les plus insolites d’entre elles depuis le XIXème siècle.