Entrer dans les cages, nourrir les animaux et même les toucher, un rêve pour beaucoup de visiteurs, mais le quotidien de tous les soigneurs du zoo d’Amnéville. Ils ont construit une relation forte avec les pensionnaires de tous poils, plumes et écailles. Entre affection et frustration, amour du ventre et tendres caresses, leur vie ne laisse pas place à la routine. Rencontre avec ces hommes et ces femmes qui font le zoo.

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Alors que le nettoyage d’une cage de cochon d’inde ressemble parfois à l’un des douze travaux d’Hercule, la gestion d’un zoo fait rapidement figure d’insurmontable défi pour le commun des mortels. Au sein du parc zoologique d’Amnéville, c’est Hervé Santerre le directeur zoologique qui joue le rôle de monsieur loyal en jonglant avec la répartition des tâches entre les soigneurs, l’organisation du travail, la gestion des projets futurs et assure la satisfaction du public. Ce “Shiva–zoologiste” nous a ouvert les solides grilles du zoo pour deux jours d’immersion avec la faune des cinq continents.

“Pour les animaux”

“On ne travaille pas avec des animaux mais pour les animaux”, affirme Hervé Santerre. Une maxime que l’on retrouve chez chacun des soigneurs d’Amnéville. Qu’importe l’espèce, son caractère ou sa dangerosité, c’est cette flamme qui fait se lever aux aurores les artisans du zoo. Juste cette passion pour un spécimen en particulier dont ils connaissent les moindres habitudes et spécificités.

Pour le directeur du Zoo, ces spécialistes du genre animal sont rares comme les diamants de la couronne. L’arrivée de nouveaux pensionnaires sensibles et uniques lui demandent un recrutement des plus méticuleux : “on voit tous les profils, mais nous commençons à avoir cette sensibilité au moment de l’embauche qui s’affine année après année. Aujourd’hui, nous arrivons à mettre le doigt sur des personnes passionnées, motivées avec de l’expérience” affirme Hervé Santerre. Des soigneurs investis et désireux de partager leur savoir avec le public au cœur d’une enceinte qui déroule chaque année le tapis rouge à un nouvel arrivant.

Le zoo est ambitieux et possède un budget de 450 000 euros pour la conservation des espèces. Les derniers à en avoir profité sont les lions blancs. Mais on parle déjà d’une nouvelle zone pour les makis et les géladas à l’été 2014 et d’un original “projet tigre” pour 2015. De telles acquisitions nécessitent des réunions à la pelle entre animaliers, architectes, équipes techniques et autres paysagistes afin de faire sortir de terre un enclos à la forme et à l’ambiance adaptées aux animaux. Mais quelques ingrédients pour titiller la curiosité des visiteurs ne sont pas oubliés.

Prévoir l’urgence

Au plus fort de l’été, le zoo d’Amnéville accueille 12 000 personnes dans ses allées. Derrière les cages, Hervé Santerre et les soigneurs ne sont qu’une petite soixantaine à assurer le bon déroulement des visites. La pression est au summum durant cette saison. Des animaux qui risquent de s’évader, des comportements extrêmes de la part du public ou un ras le bol des agents du zoo devant l’incivisme de certains font “que ces jours-là, on ne dort pas sur nos deux oreilles” confie le directeur zoologique. Les mouvements de foules sont donc sources de mauvais rêves.

En guise de remède, des protocoles de sécurité (un code rouge suite à un animal dangereux qui se serait échappé et un code jaune pour les bêtes les plus dociles) et de nombreuses simulations font descendre les palpitations des soigneurs. Lorsque la possibilité d’un abattage en cas de fuite d’un fauve est évoqué, Hervé Santerre nous répond calmement “nous devons nous y préparer car c’est envisageable”. La sécurité du public et la santé des animaux sont la priorité de tous. Avec de telles mesures, il semble peu probable qu’une faille se fasse sentir de l’autre côté des enclos.