Le Premier ministre Jean Castex a annoncé lors de sa conférence de presse du jeudi 7 janvier, la mise en place d’un arrêt de travail immédiat disponible en ligne depuis le dimanche 10 janvier. Le point en sept questions pour mieux comprendre cette nouvelle mesure.

(FRED DUFOUR / AFP)

Qui est concerné par le nouvel arrêt de travail ?

Les salariés présentant des symptômes du Covid-19 peuvent dorénavant bénéficier d’un arrêt de travail immédiat. Les cas contact sont également concernés mais la condition dans ces deux cas de figure se limite aux employés ne pouvant pas profiter du télétravail. “À partir du 10 janvier, dès que vous avez des symptômes ou que vous êtes cas contact, il vous suffira de vous inscrire sur le site de l’Assurance maladie pour obtenir un arrêt de travail immédiat indemnisé sans jour de carence.” a assuré le Premier Ministre lors de sa dernière conférence de presse. Attention : les salariés en situation de télétravail ne peuvent pas effectuer cette demande mais sont invités à rester chez eux. 

Quelle est la démarche à suivre ? 

“Les personnes qui présentent des symptômes de la Covid-19 doivent s’isoler à leur domicile, dès l’apparition des symptômes, et effectuer un test de dépistage au plus vite.” a annoncé le ministère du Travail dans un communiqué du 8 janvier. Pour recevoir leur nouvel arrêt de travail, les personnes concernées doivent se déclarer sur le site amelie.fr ou msa.fr et s’engager à réaliser un test antigénique ou RT-PCR dans les 48 heures. Une fois le test effectué, il suffit de préciser la date et le lieu de dépistage en se connectant sur le site de l’Assurance maladie. Un récépissé justifie l’absence de l’employé à son entreprise. 

Que faire après avoir reçu les résultats du test ? 

Une fois les résultats du test obtenus, deux possibilités. Si le test s’avère être négatif, le salarié peut reprendre son activité professionnelle ou consulter son médecin. Si le test est positif, l’arrêt de travail est alors prolongé. Un document delivré par l’Assurance maladie sera à présenter à l’employeur dans les deux cas. 

En quoi le nouvel arrêt de travail est-il différent du précédent ? 

Depuis le 3 octobre 2020, les cas contact pouvaient bénéficier d’un arrêt de travail immédiat, une condition toujours en vigueur. Depuis le 10 janvier, c’est du côté des travailleurs présentant des symptômes du Covid-19 que les choses évoluent. En effet, pour limiter au mieux la propagation du virus, ils devront également effectuer cette démarche et ne pas se rendre sur leur lieu de travail. 

Le nouvel arrêt assure-t-il l’indemnisation des travailleurs ? 

« Le salarié reçoit une indemnité journalière versée par l’Assurance-maladie, à hauteur de 50 % du salaire brut, et une indemnité complémentaire versée par l’employeur, de 90 % du salaire brut, dès le premier jour d’arrêt. Le taux de remplacement atteint 99 % du salaire net », a déclaré le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran à France Info. Une solution pour inciter les malades à ne pas se rendre sur leur lieu de travail. 

Pourquoi ne faut-il pas consulter son médecin traitant pour obtenir l’arrêt de travail immédiat ? 

Le Premier ministre Jean Castex a été clair sur ce point. Si l’Assurance maladie peut délivrer les arrêts concernant les patients souffrants des symptômes du Covid-19 (ou cas contact), c’est parce qu’il faut limiter au maximum les déplacements chez son médecin traitant. Le but est simple, désengorger les cabinets médicaux et isoler plus rapidement les potentiels nouveaux cas. Avec un arrêt de travail disponible en ligne, on élimine aussi le délai de carence. 

Comment limiter une fraude massive de l’arrêt maladie ? 

Si le dispositif a déjà profité à plus 2 500 français depuis le début de la semaine, le chiffre inquiète notamment les PME qui redoutent cette technique de l’auto-diagnostique. Pour cela l’arrêt maladie demande obligatoirement les résultats d’un test PCR ou antigénique. Pendant les sept jours de convalescence, l’Assurance maladie s’engage à appeler deux à trois fois les salariés. Dès le 20 janvier, ils pourront demander la visite d’un infirmier à domicile. 

Une nouvelle mesure qui fait débat mais qui reste en vigueur jusqu’au 31 mars minimum. Une prolongation pourra être instaurée selon le ministère du Travail.

Annabelle ROCHET