Image de la molécule de coronavirus.

B117. Ce nom ne vous est peut-être pas familier, mais pourtant il inquiète le monde entier. Plus connu sous le nom de “variant anglais du coronavirus”, il résulte en réalité d’une mutation de la COVID-19. Ce qui inquiète, c’est sa contagiosité beaucoup plus importante que le SARSCoV2. Cela provoque une situation incontrôlable au Royaume-Uni. Les premiers cas survenus en France alimentent le débat sur une redite de la situation Outre-Manche les prochaines semaines.

Tandis que le variant britannique continue de se propager outre-Manche, ce sont plus de 80 000 décès qui sont déjà annoncés. Avec des pics journaliers atteignant près de 1 400 décès, la situation semble incontrôlable au Royaume-Uni. En France, les premiers cas sont apparus : d’abord fin décembre à Tours, puis, selon le journal Sud-Ouest, de nouvelles alertes ont émergé à Bayonne, Bagneux, ou encore Lille et Marseille. Différents clusters qui laissent entrevoir un le nombre de cas en France variant entre 28 et 40.

La propagation du variant anglais inquiète surtout de par sa contagiosité, 50 à 70% plus élevée que la COVID-19. Pour faire face, en France, deux pistes sont suivies : celle du contre-la-montre vaccinal mais aussi celle de nouvelles mesures sanitaires restrictives.

“Est-ce que le variant anglais de la COVID-19 vous inquiète ?”

Voici la question que nous avons posé virtuellement sur les réseaux sociaux, à défaut de pouvoir partir sur le terrain. Le formulaire a été publié sur Facebook, Twitter, Instagram ainsi que sur plusieurs salons Discord. 294 personnes ont répondu à nos interrogations.

Afin de contextualiser les résultats, la première question posée était “Avez-vous déjà eu connaissance du variant anglais avant la consultation de ce formulaire ?”. Sans surprise, compte tenu de la médiatisation de ce nouveau variant, les réponses sont très majoritairement positives.

Résultats tirés du formulaire de l’enquête, basé sur 294 personnes.

La question cruciale du questionnaire offre des résultats beaucoup plus équilibrés. Bien que le “oui” l’emporte, plus de 27% des sondés ne sont pas inquiets de la propagation du variant anglais en France. Plus de 66 % affirment un oui sans ambigüité, tandis que les 6 derniers % répondent de façon plus personnalisée. Ces réponses penchent en réalité plus vers le “oui”.

Résultats tirés du formulaire de l’enquête, basé sur 294 personnes.

Quelles sont les raisons qui vous poussent à vous inquiéter de ce variant anglais ?

La fin du formulaire laissait aux internautes la possibilité de livrer les raisons de leurs inquiétudes s’ils le souhaitaient. En parallèle, nous avons été au contact d’Aurore, étudiante en L2 psychologie à Metz. Bruno, vendeur dans un magasin de fleurs à la ZAC d’Augny nous a aussi permis d’étayer nos réponses.

Contagiosité

Parmi les 294 réponses recueillies, 172 personnes ont ajouté un commentaire en partageant leurs inquiétudes. La principale cause qui revient dans les réponses est celle qui est sans doute la plus médiatisée. C’est la contagiosité du virus, étant de 50 à 70% plus élevée que la souche de COVID-19.

Le sondage a dans un premier temps touché tous nos réseaux directs, donc une importante partie de personnes relativement jeunes. Cela explique sans doute le taux élevé, plus de la moitié, de réponses qui évoquent le critère de la contagiosité. C’est l’aspect qui fait principalement débat actuellement. Le Parisien a interrogé Robert Cohen, président du Conseil National de la pédiatrie. Selon lui, les enfants “risquent de contaminer davantage de personnes. Il faut donc que l’on se donne plus de moyens pour le détecter, notamment à l’école.”

Mesures sanitaires renforcées et vie sociale sacrifiée

La crainte de nouvelles mesures sanitaires renforcées et la limitation de la vie sociale inquiètent aussi les participants du formulaire. Des jeunes qui, comme Aurore, étudiante en psychologie, n’arrive plus à supporter la situation. “On a cours depuis novembre à la maison ! On est les seuls à ne pas revenir en présentiel. Ce n”est pas vivable de faire une année comme ça, chez soi”. La situation ne fait qu’empirer pour les étudiants qui se retrouvent isolés. Ils en viennent parfois à des situations extrêmes. Certains tentent de se suicider, comme ce fût le cas samedi dernier pour un étudiant lyonnais, rapporte France Culture.

Vaccin Pfizer/BionTech : efficace face au variant anglais ?

Autre raison évoquée par les personnes interrogées : l’efficacité du nouveau vaccin Pfizer/BioNTech contre le variant anglais. “Comment un vaccin qui vient d’être créé pourrait contrer le nouveau virus alors que ce n’est plus le même ?” s’interroge Bruno, manifestant son incompréhension. Un récent communiqué de BioNTech annonçait cependant la neutralisation d’une “mutation clé des variants” selon nos confrères du “Point”.

Morgan De Breck

Dernière mise à jour des données du formulaire : 20/01/21 à 09h08