Pierre Degott, vice président du conseil de la vie étudiante

L’Université de Lorraine a instauré un congé menstruel à disposition de ses étudiant.es en septembre 2025. Si cette initiative est perçue comme un progrès, ce nouveau droit reste trop peu méconnu. 

Depuis la rentrée 2025, à l’Université de Lorraine (UL), les règles ont changé. La mesure a été adoptée en mars 2025 par le Conseil d’Administration, sous l’élan de Jules Ferber, ancien vice-président étudiant. Le congé menstruel est ouvert aux étudiant.es uniquement. Il ne s‘applique néanmoins ni aux doctorant.es, ni aux étudiant.es en apprentissage. L’objectif ? Permettre aux personnes souffrant de règles douloureuses de s’absenter sans être pénalisées, qu’il s’agisse d’un jour d’examen ou non. 

Un dispositif “bien large” inspiré des autres

Pour concevoir ce projet, les équipes de l’université se sont inspirées des modèles déjà en place dans d’autres facultés. Pierre Degott, vice-président au Conseil de la Vie Universitaire, décrit la démarche : « Avant de mettre en place le dispositif, on a benchmarké, on a vu ce qui se faisait dans d’autres universités et on est vraiment dans la tranche, je dirais, déjà bien large. »

Le fonctionnement repose sur un forfait de 12 jours par an. Ce quota n’est pas figé; il peut être étendu à 16 jours après une consultation au service de santé étudiante (SSE). « Je pense que 16 jours au total c’est déjà pas mal, même si pour le moment on n’a pas assez de recul » confie la docteure Margaux Robert, qui assure des consultations sexuelles au SSE. Un Régime Spécial d’Études (RSE) peut aussi être appliqué si les personnes menstruées ne disposent pas assez de congés nécessaires. L’université ajoute que le RSE, emploi du temps aménagé, peut être déployé dans les cas de pathologies spécifiques, comme l’endométriose. 

Un défi de visibilité 

Depuis le mois de septembre, 3399 personnes ont eu recours à ce congé périodique, avec une moyenne de 1 à 3,5 jours par personne. Cela représente environ 11 % de la population menstruée de l’UL. Pourtant une partie des étudiant.es semblent encore découvrir le dispositif. « On en a parlé la semaine dernière quand j’avais mes règles, mais j’aurais bien aimé être au courant avant », regrette Zoé, une étudiante. 

Le manque de communication initial est reconnu par les élus. Armand Fleurot, également vice-président au Conseil de la Vie Universitaire, explique : « C’est vrai que pour l’instant, on n’avait pas systématiquement expliqué le dispositif, mais c’est aussi parce qu’on ne savait pas encore comment ça allait vraiment s’exécuter sur l’ENT. » Sur le papier, le congé menstruel est une vraie avancée. Mais sur le terrain, force est de constater que trop peu d’étudiantes connaissent son existence pour qu’il soit suffisamment utilisé.