Au Level Up, le jeu c’est sérieux

A Metz, il existe un bar pas comme les autres. On peut y étancher sa soif, manger un morceau, mais aussi jouer à des jeux. Ce lieu atypique, c’est le Level Up, ouvert depuis l’été 2018 rue Saint-Marcel. Rencontre avec les deux fondateurs de ce bar qui compte bien devenir un incontournable de la vie messine.

À peine rentré, le décor est planté. Murs verts et rangées d’ordinateurs. Le flipper trône non loin du bar et des tables pour manger. Une petite salle en renfoncement s’ajoute où se trouvent les consoles plus ou moins récentes. En face, le bar illuminé de néons pour s’asseoir et boire un verre clos la visite.

« Y’a tout ici ! Tu peux venir à 17 h, tu peux repartir à 1 h du matin et tu as tout ce qu’il te faut dans un seul lieu. T’as pas besoin de sortir pour acheter un sandwich par exemple…  » explique Kevin. Les deux gérants sont attachés à l’idée de communauté et le bar a déjà de nombreux habitués. La fréquentation est rapidement devenue diversifiée, passant des joueurs professionnels d’esport, présents notamment pour l’ESWC à Metz, aux fans de jeux de société jusqu’à aux sexagénaires venus pour le rétro-gaming. « On essaye de se faire connaître le plus possible, pour montrer qu’on est les premiers a être sur Metz. Ça bouge doucement, on est encore très jeunes on a le temps pour se développer mais on ne veut pas le perdre. »

Crédit : Gouvenel Studio

Partie en cours…

Jusque là, l’espace est reparti entre ordinateurs fixes, coin restauration et petits canapés pour les consoles. Mais les deux gérants, déterminés, ne comptent pas s’arrêter là : « Le premier investissement utile ce sera la cave, pour augmenter un peu l’effectif, le pouvoir d’accueil du bar. » Au vu de leur franc succès, les partenariats fusent. Un mois après l’ouverture, Webedia, grand groupe spécialisé dans les médias, a décidé de les soutenir. Une collaboration qui les encouragent à faire toujours plus pour le bar : « après en terme d’investissement, pourquoi pas faire une franchise Level Up, c’est ça qui est prévu. » Le 4 octobre, c’est le premier rendez vous pour déposer la marque en France. Pleins d’ambitions, ils veulent aussi offrir la possibilité de faire une pause entre midi et deux au bar. L’occasion d’allier repas et loisir.

Crédit : Gouvenel Studio

Retour au niveau 1

Ambition, c’est le mot qui convient pour décrire Kevin Carmini. Parfait exemple du jeune chef d’entreprise à qui tout semble sourire. Une version personnifiée de « l’entrepreneur qui veut changer le monde ». Mais l’international viendra plus tard.  Pour le moment, l’objectif affiché est de s’imposer dans le paysage local.

Le Level-Up, c’est ce projet personnel qu’il a commencé à creuser au début de l’année 2017. Alors en licence à la fac de lettres de Nancy après des études dans la restauration, il  se cherche lui-même. Mais du haut de ses 21 ans, il déchante rapidement face à des « professeurs qui nous [prennent] pour des enfants ». Poussé par un environnement familial favorable et rejoint par Constance Matz, 18 ans, il développe son idée.

Après quelques mois de gestation, l’équipe se présente sur les réseaux sociaux. Joint à leur message, un formulaire destiné à recueillir les attentes des clients potentiels. Encouragés par les 1100 réponses, Kevin et Constance lance sans attendre un financement participatif (qui rapportera 5510 euros) et une recherche de partenaires. Une opération couronnée de succès dont ils n’hésitent pas à se vanter,  « on a reçu plus de 10 000 euros de subventions ». L’inauguration a finalement lieu le 21 juillet. « Un franc succès » selon Kevin Carmini, qui ne se formalise pas des déboires administratifs et dégâts des eaux qui l’auront retardée de 3 mois.

Rémy Chanteloup/Mélina Le Corre