L’Agora Metz, c’est un projet lancé par Yanis Ristagno, un lycéen. Du haut de ses 17 ans, il veut recréer des espaces d’échanges et de débats. Sa 3ème édition sur le thème du sport avec Sylvain Kastendeuch, Emmanuel Mayonnade et Julien Boutter se tenait le vendredi 13 mars dans les loges du Stade Saint-Symphorien.
Vendredi soir, aucun match du FC Metz à l’horizon mais, pourtant, les abords de Saint-Symphorien sont animés. La lumière des écrans de la salle des loges filtre le long de l’allée sud. Un bleu rosé sur fond blanc accueille la soixantaine de personnes venues à Saint-Symphorien. Ces couleurs, ce sont celles d’Agora Metz. Un talk-show ambitieux lancé par Yanis Ristagno, élève de terminale. Et le nom n’est pas choisi au hasard. Si l’agora désignait autrefois, dans la Grèce antique, les réunions publiques des citoyens athéniens, l’esprit demeure. Le bachelier a imaginé ces conférences pour rapprocher le débat public des messins, et pour créer des espaces de débats et de rencontres. Le sujet de ce soir porte sur « le sport, entre héritage, valeur et actualité ». Et pour disserter autour de ce thème, 3 invités prestigieux ont été conviés par le fondateur du projet. Sylvain Kastendeuch, ex-défenseur central de légende du FC Metz, Emmanuel Mayonnade, l’entraîneur des Dragonnes de Metz, en partie responsable de leur ultra-domination nationale et Julien Boutter, le directeur du regretté Moselle Open.
Un ton à l’américaine
Pour le co-fondateur du Parlement de la Salle, Agora Metz est la suite logique de ce projet intra-muros au lycée. Il rêvait de « débats plus ouverts, de conférences plus ambitieuses ». Il voulait faire venir son propre public, et attirer des gens de tous les horizons. Alors est né Agora Metz. Et pour faire venir le plus de personnes, et créer des espaces de débats chaleureux, le format américain du late show était ce qui lui semblait le plus approprié. Lui est derrière sa table, avec ses fiches, ses questions et ses rubriques bien chapitrées qui le guident au cours de la conférence. Les invités, eux, sont installés dans des canapés confortables, et sont mis à leur aise. Le ton est tout de suite moins formel, et une vraie discussion s’installe. Et il faut dire que l’animateur des débats est particulièrement doué pour mettre à l’aise. Les questions sont parfois marrantes, parfois complexes, mais toujours légères. La conférence d’1h30 est rythmée par des éclats de rire à chaque instant.
Une organisation « au culot »
Charte graphique officielle, lieu de prestige et débats avec des invités de renom. L’organisation impressionne et l’on a du mal à croire que le fondateur du projet soit seul derrière celui-ci. C’est pourtant le cas. Du haut de ses 17 ans, Yanis porte toute la logistique d’Agora Metz à bout de bras. Il contacte, plusieurs mois en avance, les invités pour les faire venir. Puis il trouve le lieu dans lequel se tiendront les débats, adapté au sujet de l’édition. Tout en jonglant avec ses cours, le lycéen organise tout « au culot ». Il envoie des messages un peu partout, et contacte sans trop de prétention les invités qui correspondraient à son thème dans le bassin messin. Et ça marche. Emmanuel Mayonnade dit « avoir tout de suite accepté » quand il a reçu l’invitation. Impressionné par l’envie et l’énergie de Yanis, à seulement 17 ans. Une énergie et une maturité qui sont, pour le bachelier, une réponse à l’injustice de la vie. Yanis explique « qu’elle n’a pas été tendre avec lui », lui qui a vécu la perte de son père. L’idée de faire bouger les choses s’est alors ancrée en lui. Et cette envie est devenue réalité. À la fin des débats, les premiers commentaires portent sur la beauté du projet et sur l’aisance de l’animateur du soir. « Qu’est-ce que je faisais donc moi à 17 ans ? » lance un spectateur. Des interrogations légitimes, tant le projet Agora Metz est abouti.