Les étudiants sud-africains n’obtiendront sûrement pas, pour le moment, gain de cause. L’année prochaine, l’augmentation de 8% des frais scolaires entrera en vigueur. Les étudiants ont maintenant qu’un seul but en tête : valider leur année. 

Le constat est amer. L’envie n’y est plus. Et les traces du combat se font sentir. Joint par téléphone, Anthony, étudiant à l’université de Bloemfontein, se résigne : « Depuis que le gouvernement a annoncé qu’il y aurait une augmentation de 8% en 2017, les manifestations ont pris une autre tournure. Il y a eu des violences donc ils ont mis des policiers dans les universités. Mais la violence arrive parce que nos revendications ne sont pas entendues. 

Gratuité pour tous

Aujourd’hui, les étudiants luttent pour que l’université soit gratuite pour tous. Christopher Rawson, l’un des leader étudiant, lui aussi de l’université de Bloemfontein, tente de simplifier les choses : « Nous volons rendre les universités plus ouvertes aux étudiants noirs, qui sont défavorisés face à l’accès aux études supérieures » Les conséquences de l’augmentation ? « Dans le cas de Bloemfontein, beaucoup d’étudiants viennent de petites villes aux alentours. Des étudiants relativement pauvres et majoritairement noirs. Ces mêmes étudiants galèrent déjà alors que notre université est l’une des moins cher du pays. Si les frais augmentent, ils ne pourront plus étudier », résume Christopher, dépité.

“Fee Must Fall” est le nom du mouvement contre l’augmentation des frais de scolarité

Réussir son année

Le climat reste donc tendu. Anthony, lui, veut absolument valider son semestre en ingénierie. « J’ai préféré arrêter de manifester et je me focalise sur mes études. Je vais tout faire pour réussir mon année, même si, à cause des manifestations, on n’a pas eu tous nos cours. » Le mouvement s’essouffle petit à petit puisque les étudiants veulent, comme Anthony, valider leur année. Un retour au calme qui apaise les étudiants, mais ne change rien à la situation. Christopher a peur que les manifestations reprennent en 2017, pour les mêmes raisons.