Suite aux plaintes déposées contre le professeur Emile Daraï, les témoignages se multiplient sur les violences gynécologiques dont sont victimes de nombreuses femmes en France.

Les mots des victimes sont difficiles et leurs gorges bien souvent nouées pour évoquer l’enfer qu’elles ont vécu. Pas moins de six femmes ont eu le courage de porter plainte contre Emile Daraï, gynécologue spécialiste de l’endométriose.

Mais elles sont en réalité des dizaines à accuser le professeur de violences physiques et psychologiques dans une enquête de France info, publiée le 23 septembre. Face à la violence de ces actes, les victimes sombrent dans un véritable traumatisme :   » J’ai le sentiment d’avoir été brutalisée, déshumanisée, d’avoir été traitée comme un objet manipulé », déplore l’une des plaignantes.

Des violences invisibilisées

Cette affaire ne demeure pas un cas isolé dans le domaine médical. Depuis quelques années, des témoignages commencent à fleurir sur les violences gynécologiques. Mais ces avancées demeurent encore timides.

Pourtant, le Haut Conseil à l’égalité a pointé du doigt dans un rapport de 2018 les raisons principales de ces crimes  : la surreprésentation des hommes dans le métier et la formation trop centrée sur la technique.

Vers un #Metoo gynéco ?

Néanmoins, un espoir est possible pour les victimes du praticien de l’hôpital Dutron. La mobilisation médiatique et associative permet une forte visibilisation de l’affaire.

Le collectif « Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques » relaye sur Twitter les témoignages de victimes et organise des manifestations sous le hashtag #StopOmerta. « J’espère que ces témoignages vont enfin provoquer un #Metoo gynéco », confie Sonia Bisch du collectif.