Dans une ère où les plateformes de streaming proposent aux utilisateurs de changer la vitesse de lecture d’un film, l’heure est venue de remettre au goût du jour le visionnage de court-métrage. Et par grande chance il existe des festivals dédiés aux courts-métrages comme Les Petit Claps.

La 17e édition du festival Les Petits Claps

Le mois de janvier s’est clôturé avec les traditionnelles journées de l’amitié franco-allemandes célébrées à Metz. À l’occasion, le festival de courts-métrages Les petits Claps a inauguré cet événement le vendredi 23 janvier au cinéma KLUB. « Racines partagées, ailes du futur » était le thème de cette nouvelle édition qui à son habitude met à l’honneur des courts-métrages français et allemand (avec des sous-titres pour les moins bilingues d’entre nous). 11 films ont été projetés durant la soirée, dont 7 en compétition pour les prix du festival. Voici une sélection non-exhaustive de critiques des films en compétition.

1992,83 ou comment parodier la CAF

Premier court-métrage à ouvrir le bal des films en compétition pour le prix du jury et du public, 1992,83 débute avec un avertissement au public : « Inspiré de faits réels ». C’est l’histoire vraie donc de Lubin, un jeune homme qui tente de comprendre pourquoi une dette de 1992,82 lui a été attribuée. Elle correspond à un trop-perçu de prime d’activité. Mais Lubin doit subvenir aux besoins de son foyer/couple. Aux allures de la CAF, le système administratif qui réclame cette somme astronomique à Lubin a su faire rire les spectateurs. Tout le long, l’image est en noir et blanc, clin d’œil à l’expressionisme allemand : décors composée, profondeur de champ et aspect théâtral assumé. Un court-métrage signé Colin Van der Straeten.

Fellow : le meilleur ami de l’homme

Dans ce second court métrage en compétition, l’intrigue se déroule sur un champ de bataille vraisemblablement durant la Seconde Guerre mondiale. Un chien de la Rotes Kreuz sauve un soldat blessé. Ensemble, les deux personnages vont s’aventurer au milieu du paysage détruit. L’histoire devient alors une allégorie de la fameuse phrase : « Le chien est le meilleur ami de l’homme ». Le choix du dessin n’atténue en rien la cruauté de l’histoire. L’animation 3D est mélangée d’un style qui ressemble à un dessin réalisé à la gouache. Sans divulgâcher la fin tragique, celle-ci même si le spectateur l’avait deviné, le prend tout de même par surprise. Réalisation : Martha Rivière, Laura Darras, Théo Bergougnoux, Gaspard Keller de Schleitheim, Johanne Coppier et Romane Casha

Vogel, Flieg de Rabeah Rahimi : la danse comme catharsis

Vogel, Flieg suit une famille monoparentale d’immigrés afghans en Allemagne, composée du père, et de ses deux enfants. Au début du court-métrage, l’ainée de la famille, Adina 13 ans explique en voix off le mystère autour de la mort de sa mère. Son rêve est de participer au concours de danse organisé par son école. Son père lui interdit, sans lui donner de raisons valables. Déchirée entre son rôle d’aînée et son rêve de danseuse, Adina finira par choisir la danse. Le film met en scène une séquence de clip de danse où la jeune fille reproduit sur scène une chorégraphie marquée par des moments d’improvisations. Son père, présent dans le public avec son fils pleure à chaudes larmes. La scène illustre comme une mise en abyme le ressenti du spectateur. La force de ce film repose moins sur la prise de vue que sur l’ébauche de l’intrigue.

L’incroyable souvenir du grand-père défunt : quand l’IA devient croque-mort

Une bonne critique ne va pas de soi sans une œuvre moins appréciée par l’auteur. C’est le cas du court-métrage de science-fiction intitulée L’incroyable souvenir du grand-père défunt. Le court métrage nous plonge dans un cimetière avec Céleste, adolescente de 15 ans qui rend visite à son grand père décédé. Mais celui-ci est bien sur terre grâce à la société MemorIA qui reproduit les versions holographiques des défunts à leur demande. Face à l’hologramme de son grand père, Céleste découvre que cette technologie se détériore à cause d’un souvenir manquant. Accompagnée de sa grand-mère, la jeune ado enquête sur ce souvenir manquant pour « redonner vie » à l’hologramme de son grand-père. D’un genre qui se veut comique, le court-métrage peine à faire rire. Et entre le jeu d’acteur plat et une bande sonore mal orchestrée, les 16 minutes de court métrage se font sentir. Toutefois l’idée de l’intrigue est à saluer, en parallèle avec les effets spéciaux pour rendre à l’écran l’effet de l’hologramme. Un court-métrage réalisé par Gaëtan Selle.

Et les gagnants sont….

Deux prix ont été remis lors du festival : le prix du public et le prix du jury. Le court métrage qui a remporté le prix du jury est L’incroyable souvenir du grand-père défunt. Le prix du public a été attribué au film Vogel, Flieg.

Si ces films ne sont pas disponibles en streaming, la plateforme Arte offre gratuitement la possibilité de regarder des courts-métrages. Tandis que le visionnage de court métrage se perd petit à petit, l’initiative de festivals de court-métrage à l’image des Petits Claps est un bon moyen de remettre au goût du jour ces petites réalisations.

Océane Denanyoh