Vélo, métro, voiture ou encore trottinette, pour se déplacer, chacun possède ses propres habitudes. Qu’il s’agisse de raisons financières, pratiques ou écologiques, l’utilisation des transports en commun reste, après la voiture, le moyen de transport le plus utilisé par les jeunes actifs. Mais alors, qu’en est-il au sein de l’Eurométropole de Metz ?

Qu’ils soient cadres, artisans, employés, ouvriers ou encore agriculteurs, ces jeunes actifs font face à la même situation : ils ont les moyens de s’acheter une voiture mais continuent pourtant d’utiliser les transports en commun. Pour le démontrer, nous pouvons regarder le revenu annuel médian selon la catégorie socioprofessionnelle en France. Les chiffres de 2019 montrent que les cadres ont un niveau de vie de 34 410€ contre 21 660€ pour les agriculteurs, 25 910€ pour les professions intermédiaires, 20 900€ pour les employés et 20 290€ pour  les ouvriers. À savoir que les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont regroupés dans la même catégorie que les agriculteurs. 

*Seulement 3 agriculteurs ont répondu au sondage et ils utilisent tous la voiture

** Seulement 3 agriculteurs ont répondu au sondage et ils utilisent tous les transports en commun

Sur notre territoire, nous observons que dans l'Eurométropole de Strasbourg ou dans l’Eurométropole de Metz, les employés, avec un revenu médian supérieur aux ouvriers, utilisent davantage les transports en commun que ces derniers. Alors pour quelles raisons les jeunes actifs continuent-ils de prendre les transports en commun alors qu’ils pourraient accéder à un autre mode de transport ?

Nous sommes allés à la rencontre des jeunes actifs pour en savoir plus et ainsi comprendre ce phénomène. 

Corrélation entre côté pratique et financier

De nombreux témoignages montrent l’aspect pratique que permettent les transports en commun, “J’ai le permis, mais je ne suis pas trop du matin, donc je préfère prendre les transports pour être plus sereine”, Cindy, 24 ans, chargée de communication. 

Le coût du stationnement est aussi souvent cité par les personnes interrogées. “Le stationnement en ville est hors de prix, pour un an, j’en aurai pour environ 1000 euros” estime Esther, 22 ans, alternante en commerce. “Le mode de transport est déterminé notamment par l’offre de transport en commun [s’il y en a] et surtout par la possibilité de stationner ou pas à destination’’, explique Stéphane Egraz, responsable du pôle mobilité à l’Agence d’Urbanisme d’Agglomérations de Moselle (AGURAM).

L’aspect financier occupe donc une place prédominante dans le choix de l’utilisation des transports en collectivité. L’employeur à l’obligation de prendre en charge 50% du coût des titres d’abonnement souscrits par ses salariés pour leurs déplacements entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail accomplis aux moyens de transports publics de personnes ou de location de vélos (art. L.3261-2 du code du travail). Cette obligation s’applique à toutes les entreprises, quel que soit leur effectif, et si ces dispositions ne sont pas prises, l’employeur encourt le risque d’une amende de quatrième classe. Les stagiaires, militaires, magistrats et personnels civils d’établissements publics peuvent également en bénéficier.

“Je prends le TER tous les jours, car je suis défrayée à 50% par mon employeur. Par contre, mon compagnon utilise sa voiture et je remarque une vraie différence de budget”, constate Jeanne, 28 ans. 

Pour favoriser la prise des transports en commun, de nombreuses sociétés usent de tarifs attractifs pour attirer le maximum de personnes (carte Fluo Jeune pour le Grand Est, tarifs avantageux pour les étudiants, boursiers ou seniors dans le Mettis…). “Pour ce qui est de l’offre de transport en commun à l’Eurométropole de Metz : elle est radiale (la plupart des lignes convergent vers le centre). Si j’habite en périphérie et que je travaille en centre-ville, j’ai une offre de transport qui est très intéressante. En plus, l’employeur prend 50% de mon abonnement transport collectif. Si par contre, j’habite à Moulins-lès-Metz, et que je travaille à Technopole et que j’ai une voiture : il y a très peu de chance que je prenne un transport collectif… en plus on roule très très bien à Metz”, détaille Stéphane Egraz.

Source : lemet.fr

Dimension écologique contre habitudes post-Covid

Nos données datant de 2019, il ne faut pas oublier l’influence du Covid sur les témoignages actuels. « Une partie de la population est sûrement un peu plus ouverte aux questions environnementales », poursuit Stéphane Egraz. Une affirmation qui se confirme sur le terrain : « Quitte à faire 30 minutes de voiture ou 30 minutes de bus, je préfère prendre le bus pour l’aspect écologique » continue Esther, 22 ans, alternante en commerce. 

Mais le responsable du pôle mobilité de l’AGURAM fait part d’un autre constat : « Le transport collectif, à l’inverse de la voiture, a pâti de la période de covid, il y a eu une baisse de fréquentation énorme. Aujourd'hui le système est en train de reprendre mais le covid a profité au vélo, à la marche à pied et aussi à la voiture ». Pour contrer cette affirmation, l’Eurométropole de Metz continue de travailler sur son plan de mobilité et veut par exemple accentuer les déplacements en transport en commun vers le centre-ville avec le Mettis C entre Marly et le quartier Outre seille. 

Entre autres, en 2020, un Plan de Déplacements Urbains (PDU) de Metz Métropole à l’horizon 2030 était accepté par une commission d’enquête. Le but étant “de concevoir une utilisation plus rationnelle de la voiture, et une plus grande place accordée aux piétons, aux deux-roues et aux transports en commun”. Une démarche conciliant également les enjeux environnementaux, les attendus des entreprises et des salariés. 

« Ce qui peut faire rapidement évoluer les comportements (habitudes) c’est l’argent et la peur. Typiquement, une augmentation du coût de la mobilité comme le prix du pétrole qui explose : il y a un impact quasi-direct sur les pratiques de mobilités », rajoute Stéphane Egraz. Pour ce qui est de la crainte, nous pensons notamment à la pandémie du Covid-19 qui a eu un impact particulier sur la fréquentation des transports.

L’interdiction des transports en commun et la peur de contracter la maladie ont eu raison de leur utilisation par de nombreux habitués, qui ont fait le choix de méthodes individuelles. Des habitudes qui ont d’ailleurs plu à certains qui, en fonction du nombre de kilomètres à parcourir, ont trouvé un épanouissement et un certain apaisement dans le choix de l’utilisation de la bicyclette, ou de la marche à pied. Fini les problèmes de stationnement, de bus bondé, ou de brouhaha matinal, vive l’air frais matinal qui promet à coup sûr un début de journée réussi !

Léa Rifaut, Claire Fleuriel, Antonin Utz, Manon Legrand, Imrane Baroudi et Cassandra Tempesta