Du haut de ses 1550 mètres de dénivelés, la station de ski de Puy-Saint-Vincent, située dans le département des Hautes-Alpes est prête à accueillir skieurs et randonneurs pour une nouvelle saison hivernale. Monsieur Prampolini, directeur et exploitant de la station revient sur la situation du domaine face au réchauffement climatique.
Des touristes, encore des touristes
Une augmentation de 5 % de skieurs depuis l’hiver dernier a été observée. Un chiffre plutôt rassurant, s’empresse d’annoncer Laurent Prampolini, directeur de la SAEM des écrins (société des remontées mécaniques). Alors que la tendance des années précédentes était plutôt à la baisse, le nombre de passages dans la station est passé de 3 à 3,2 millions, lors de la saison précédente. Des touristes toujours plus nombreux et heureux de pouvoir glisser pendant tout l’hiver.

Station 1600 Puy-Saint-Vincent
Une position géographique avantageuse
Si le nombre de touristes est à la hausse, l’explication est simple : Puy-Saint-Vincent est classé dans le top 1 des stations enneigées (c’est-à-dire ?). L’hiver, la neige ne manque pas dans la station, la clientèle est rassurée, ce qui génère forcément, plus de trafic ! Son exposition orientée vers le nord et sa proximité avec les hauts massifs des écrins facilitent l’enneigement. Malgré tout, Puy-Saint-Vincent est comme toutes les stations de skis : la neige n’y est pas éternelle. Laurent Prampolini explique qu’ils vont être sujet à des aléas climatiques. Le modèle « Climsnow », une étude financée par la région, permet de créer une projection du taux de neige attendu. Le prototype identifie l’impact des techniques de gestion de la neige et permet d’analyser les conséquences de ces changements sur les choix stratégiques et les investissements futurs afin de guider la stratégie de développement de l’offre touristique des stations de ski. Le directeur de la station affirme « selon une altitude on aura moins d’enneigement, mais une partie du domaine sera tout de même ouverte donc on sera quand même en train d’exploiter. Malgré tout, on aura certainement d’autres contraintes… », il poursuit avec un temps d’arrêt, « on ne sait jamais quand la neige arrive ! ».
Une nouvelle stratégie d’activités
« Manquer de neige et perdre des clients, je ne vais pas dire que ça nous fait peur à Puy-Saint-Vincent, mais on s’engage tout de même dans des réflexions et des stratégies nouvelles pour le futur », annonce Monsieur Prampolini d’un ton sérieux. Le domaine réfléchit à des modèles de transition permettant des activités à faire hiver comme été. La station a pour projet de remplacer leur luge d’été par une luge quatre saisons, ce qui a de quoi enjouer les férus de sensation ! Le domaine travaille main dans la main avec la mairie qui envisage la mise en place d’un espace nordique complémentaire au domaine alpin, présentant des balades itinérantes. Mais une question que tous les skieurs appréhendent : Comment faire si le ski n’existe plus ? Si le ski disparaît, le chiffre d’affaire chute ! Le directeur de la station explique : « on fait 300 000 euros l’été sur une ouverture de deux mois et plus de 8 millions l’hiver ». Alors, pour pallier au manque de précipitations, la neige de culture (de l’eau congelée) devient leur meilleur ami. Elle permet d’alimenter les pistes de skis et de prévenir le manque de neige naturelle. Le réchauffement climatique mène à penser l’avenir différemment. Une appétence pour la nature sera-t-elle plus forte ? Les habitants des villes voudront-ils fuir les fortes chaleurs pour se rapprocher d’un climat plus tempéré et montagneux ? Des questions pour l’instant sans réponse mais un nouveau modèle environnemental est pensé finement ! Laurent Prampolini s’exclame avec un large sourire : « J’y crois fortement ! Mais pas en ayant les yeux bandés et en ne voulant pas voir ce qu’il se passe. Du ski, on va encore en faire car ça procure des sensations intouchables dans d’autres disciplines, mais il faut la matière première ».
Elise Blanchard