Issu d’une initiative citoyenne européenne, l’écocide, dégradation partielle ou totale d’un écosystème, tarde à être reconnu par les autorités politiques comme crime contre l’environnement.

Le terme rime avec homicide et génocide. Il peut paraître choquant pour les uns, évident pour les autres. Dans toute l’Europe, les revendications en faveur du concept juridique d’écocide prennent de l’ampleur. Cette initiative, dénommée End Ecocide in Europe et présentée le 22 janvier 2013 à Bruxelles par onze citoyens européens, espère réveiller les consciences. L’objectif est de condamner les ravages infligés à la nature, de plus en plus fréquents aux quatre coins du monde.


Timeline présentant les catastrophes environnementales récentes provoquées par l’homme

Au niveau international, la juriste anglaise Polly Higgins mène cette campagne depuis deux ans. Elle réclame la modification du statut de Rome pour que l’écocide soit considéré comme le cinquième crime international contre la paix. A l’instar des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, des génocides et des crimes d’agression. Entre le 21 janvier 2013 et le 21 janvier 2014, cette requête devra recueillir un million de signatures pour que le projet soit examiné par le parlement européen.

Polly Higgins engage le débat sur l’écocide via Twitter

Un premier pas vers un Tribunal International de la Nature

Pour l’eurodéputée Eva Joly, qui soutient cette initiative, la reconnaissance de l’écocide est le seul moyen de renforcer le droit de l’environnement européen. « L’important pour nous est de pouvoir poursuivre des entreprises européennes qui sont responsables de destructions environnementales ailleurs » affirme-t-elle. L’enjeu sur le long terme est la création d’un Tribunal International de la Nature.

Si cette ambition peut sembler utopique et démesurée, pour certains, la conjoncture environnementale l’exige. « Le changement climatique en cours menace tout simplement nos capacités de productions alimentaires. » s’indigne le philosophe Dominique Bourg. Valérie Cabanes, Juriste en Droit International et spécialisée dans les Droits de l’Homme, renchérit :« Nous voulons sortir de cette vision où l’homme est au centre de tout ». Avec un peu moins de 17 000 signatures pour l’instant, le projet a peu de chance d’aboutir.

Pour aller plus loin :

Le site End Ecocide in Europe

Le webdocumentaire de Stanislas Wang-Genh sur l’écocide