Le rapport parlementaire sur la surpopulation carcérale publié ce mercredi 23 janvier par la commission des lois met en exergue les difficultés du système pénitencier français à s’assainir. De graves problèmes demeurent.

Les prisons françaises sont saturées. Ce phénomène alarmant perdure depuis de nombreuses années. Aucune solution n’a encore été trouvée par le gouvernement pour pallier cette difficulté structurelle.

Évolution de la surpopulation carcérale en France (2007-2012)

Si le déficit entre le nombre de places et le nombre de détenus atteint son pic en juillet 2008, on observe que l’écart s’est réduit sans être comblé en 2012. On remarque que même si le nombre de places augmente, le nombre de détenus s’accroit également de manière proportionnelle.

Concrètement, cette trop forte densité entraîne des conséquences regrettables au niveau des conditions de vie des détenus.

Un article de l’express.fr, publié en 2009, dénonçait déjà la corrélation entre la surpopulation carcérale et le taux de suicide des détenus. Un fait totalement occulté par le rapport parlementaire.

Extrait d’article issu de l’express.fr

La surpopulation carcérale en question

La surpopulation carcérale est fréquemment dénoncée comme facteur de suicides en prison. Mais elle n’est pas reconnue comme telle par l’étude. “Contrairement aux idées reçues, la surpopulation carcérale et le suicide n’évoluent pas de façon parallèle”, souligne l’Ined.

Un déni qui embarrasse l’Observatoire international des prisons (OIP). “On ne peut nier le lien entre la surpopulation carcérale et le suicide, objecte Stéphanie Djian, déléguée nationale adjoint de l’OIP France. La surpopulation est au contraire un facteur aggravant. Elle affecte les conditions de vie qui, elles-mêmes, ont un impact sur les risques de suicide.”

Autre point gênant pour l’OIP, l’encellulement individuel est considéré par l’Ined comme un facteur de risque dans les suicides. “C’est une idée reçue, un argument inexact utilisé par l’administration pénitentiaire, pendant l’élaboration de la loi pénitentiaire. Afin d’éviter de se mettre en conformité avec les règles européennes”, fulmine Stéphanie Djian. Et d’insister: “la cellule individuelle est importante pour le respect et la dignité de la personne”.