Les élections législatives du 6 avril prochain seront déterminantes pour l’avenir de la Hongrie. La question est de savoir si le conservateur et populiste, Viktor Orbán sera conforté en tant qu’homme fort du pays ou si sa politique anti-capitalisme sera désavouée. À moins de 24h du scrutin, les sondages annoncent sa victoire.

Au pouvoir depuis 2010, Viktor Orbán se représente au poste de Premier Ministre. Son parti, le Fidesz, dispose, depuis les dernières législatives de 2010, des deux tiers des sièges au parlement. Cette large majorité a permis de réformer en profondeur la constitution et d’imposer peu à peu une véritable autocratie.

Un bilan peu élogieux
Le bilan de ces quatre années passées au pouvoir est plus que mitigé. La liste des points noirs apparus sous l’ère Orbán est longue. Un Hongrois sur deux gagnerait moins de 400 euros. La Hongrie dispose du taux de TVA le plus important d’Europe, 27%. Les versements des minimas sociaux sont soumis à des travaux d’intérêt généraux. Et enfin, le pays connait une baisse de 6% de la population engendrée par l’exode des jeunes vers l’étranger.

Pourtant, Viktor Orbán pourrait se maintenir à la tête de l’État grâce à une stratégie organisée autour de sa personne. Fin stratège et homme influent, Viktor Orbán a placé des hommes de confiance dans les strates stratégiques du pouvoir. Les sondages fournis par cinq instituts prédisent une victoire avoisinant les 50%.

Une opposition affaiblie
Malgré les mises en garde de Bruxelles et les manifestations populaires de 2011 et 2012. Viktor Orbán ne semble pas affaibli, contrairement à l’opposition. En janvier dernier, les forces de gauche ont tenté un dernier coup de poker, une coalition fédérée autour d’un programme anti-Orbán a été formée. Menée par le leader du parti socialiste (MSZP), Attila Mesterházy, la coalition comprend le parti libéral, Együtt 2014, la formation politique, DK, créée par l’ancien premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsány et les dissidents de LMP (écologiste). Un regroupement massif mais peu charismatique qui peine à séduire.

Attila Mesterházy, leader du parti socialiste MSZP
Crédit photo: MIT

Quant au parti d’extrême-droite JOBBIK, il pourrait rester la troisième force du pays pour cette élection. Les membres du parti ont adouci leurs images, historiquement associée à de violents propos antisémites et anti-Roms.

Enfin, l’avenir du parti écologiste, LMP est incertain. Le parti pourrait ne pas dépasser les 5% des voix nécessaires pour accéder au parlement. En 2010, le mouvement avait remporté 15 sièges au parlement. Quatre ans plus tard, huit d’entre eux, on rejoint la coalition Ensemble 2014.

Un mode de scrutin bouleversé
Depuis son arrivé au pouvoir en 2010, Viktor Orbán a fait voter 815 lois. Parmi elles, une large réforme du scrutin. Retour sur les principaux changements du mode d’élection.

  • Election mixte : Plus de la moitié des parlementaires seront élus au scrutin majoritaire (réduit à un tour, au lieu de 2 en 2010), le reste à la proportionnel avec un quorum maintenu à 5%.
  • Viktor Orbán a considérablement diminué le nombre de sièges : de 386 il a été réduit à 199.
  • “L’exigence de participation” a été supprimé. Auparavant, le taux de participation devait être supérieur à 50% au premier tour et 25% au second.
  • Enfin, le nombre de circonscriptions électorales a été réduit de 176 à 106.

Crédit photo “Une”: Reuters