Climax, film français écrit et réalisé par Gaspar Noé est sortie le 19 septembre dernier dans les salles. A l’écran, une vingtaine de danseurs se retrouvent dans un local pour répéter un spectacle. Rapidement, la soirée dérape.

 

Ovni cinématographique, Climax est un film à part. C’est même plus que ça, c’est une expérience à vivre. Le film débute par un énorme plan séquence de danse interprété par une jeunesse survoltée. Les premières notes de house music résonnent, et ne s’arrêteront qu’à la fin du film. Cloîtré dans cette salle, on ne peut qu’admirer ces corps, qui dansent, exultent et se déchaînent. Le cocktail explosif, mêlant alcool et danse, ne va pas tarder à éclater. La sangria, élixir de la soirée, a été trafiquée. Le film s’assombrit. Seule la lumière colorée des néons permet de distinguer brièvement des bouts de corps. Drogués, les danseurs perdent pied et tombent peu à peu dans la folie, qu’elle soit suicidaire, meurtrière ou bien sexuelle. C’est le chaos. L’anarchie.

 

Anticonformiste

Climax casse les codes d’écriture, de mise en scène et de réalisation habituel. La première scène du film commence et puis au bout de deux minutes  : “vous venez de voir un film inspiré de faits réels”, générique de fin, écran noir. Le film reprend mais à chaque instant, Gaspar Noé, le réalisateur ose et étonne par ces choix. En plein milieu du film, il n’hésite pas à afficher des phrases subliminales, flashy, en gros caractères : “Mourir est une expérience extraordinaire”.

Une réalisation psychédélique

Gaspar Noé privilégie la forme au fond. L’histoire du film tient sur deux lignes. Les dialogues sont inexistants. Les acteurs ne font que de crier de joie ou de douleur pendant deux heures. La réalisation est quant a elle plus travaillée. Il y a énormément de plan séquence. L’un d’entre eux dure 45 minutes. Sur le papier, ça peut paraître long et pourtant le réalisateur sait ce qu’il fait. Il maîtrise à la perfection les mouvements étourdissants de la caméra. Elle flotte, tangue. Les plans sont penchés. L’image tourne, de haut en bas, de gauche à droite, comme si le spectateur était dans cette salle, drogué et impuissant face à cette scène de chaos.

 

Noir, blanc, homo et trans

Sofia Boutella, Romain Guillermic, Souheila Yacoub, Claude-Emmanuelle Gajan-Maull, ces noms ne vous dit peut-être rien et pourtant, ce sont les acteurs principaux du film. Peu connus, la plupart sont des danseurs plus que des comédiens. Et ça se voit. Ils excellent dans certaines formes de danse telles que le krump, le voguing ou encore le waacking. Mais, leurs jeux d’acteurs laissent à désirer. On notera tout de même que Gaspard Noé nous offre un casting varié et diversifié de tous sexes, de tous genres et de toutes origines. Si rare à l’écran.

 

Emma Facchetti