L’actualité sur l’urgence climatique pose de nombreuses questions. Le film “Demain”, César du meilleur documentaire en 2016, propose une réponse partielle. La population française, elle, essaye de mettre des initiatives écologiques en place, et les messins n’en sont pas les derniers. Des projets étudiants voient également le jour pour changer l’avenir de la planète.

 

Mardi 4 décembre 2018, 18h30 : la présentation du film “Demain” au théâtre du Saulcy, par un jeune homme de la BmK (espace Bernard-Marie Koltès) donne le ton des préoccupations environnementales. “Je n’utilise pas de micro pour ne pas utiliser d’électricité” commence-t-il à dire.

 

 

Ce film, sorti en 2015, est encore très actuel. Durant près de 2 heures, des grands thèmes sont abordés à travers un tour du monde par plusieurs personnes dont Mélanie Laurent, actrice et Cyril Dion, militant écologiste. Toutes les problématiques du monde d’aujourd’hui sont liées. Le film débute par les fermes en villes et la permaculture, mises en place dans plusieurs pays. Puis vient l’énergie et les solutions face au pétrole et autres difficultés présentes depuis des dizaines d’années. Tout le système économique est ensuite questionné. La création de monnaie locale ou de l’écolonomie, économie écologique, illustrent des solutions testées dans différentes cultures.

Tout cela se lie avec la grande valeur de démocratie souhaitée par la plupart des citoyens, comme ce fut le cas en Islande et “la révolution des 25. Le film finit par le chapitre sur l’éducation, qui est à la base de beaucoup de ces problématiques. “La diversité, c’est la force”, sert de conclusion à ce film-documentaire. Le but est d’inspirer à la transition et de comprendre que des personnes se sont déjà lancées.

 

Un intérêt grandissant pour les citoyens

 

Après ce documentaire, utopique pour certains, des questionnements sont posés dans la salle. « Des initiatives citoyennes des maires ou des villes, c’est ça qu’il faut faire ! Mais pourquoi ce n’est pas fait chez nous ? » interpelle une spectatrice. Le constat illustre la “politique du lampadaire” : « les gens ne voit que le halo de lumière et non le morceau entier de terrain », lui répond un membre de Oasis Terre Jaime, nouvelle association messine.

Les habitudes de vie et le système actuel sont remis en question. Le plus frappant pour les participants c’est le manque de communication. Les citoyens semblent pourtant intéressés par ce changement, mais il y a toujours un obstacle, un problème pratico-pratique. Comment, où se lancer ? C’est à cette question que les associations présentes à Metz répondent en développant leurs actions.

 

 

Dans le monde, plus de 1200 villes sont en transition pour un meilleur système de vie, aussi bien écologique, que démocratique ou éducationnel. Ici à Metz, le réseau Colibris, créé en 2007 en partie par Cyril Dion, développe beaucoup d’initiatives. Pour l’alimentation, une seconde association “Oasis Terre J’aime” vient d’être créée. Elle voudrait mettre en place des solutions concrètes dans la ville.

L’auto-suffisance alimentaire – ville qui subvient aux besoins de ses habitants par sa seule et propre production – est minimale en France. Les meilleurs taux sont à Albi et Orange où 6% de la population vit en autosuffisance alimentaire. A Metz, le chiffre est significatif : 1,7% seulement en vivent. C’est pourquoi des initiatives menées par des associations étudiantes comme Univ’ert, sont primordiales.

 

Des initiatives semblent éclore

 

Dans le monde étudiant, des actions commencent à voir le jour. Au campus du Saulcy, un jardin partagé a vu le jour derrière la Maison des Etudiants. Le projet a d’abord été porté par les Incroyables Comestibles, un mouvement citoyen d’agriculture urbaine, puis quelques mois plus tard, une association étudiante est née. Univ’ert a surtout pour but de « sensibiliser les étudiants par des actions concrètes », précise Anthony Béduneau, président de l’association.

Ici il y a le jardin, qui permet de dialoguer autour de la permaculture, et d’apprendre à cueillir le légume quand il faut. Mais il y a aussi des ateliers, tous les lundi, pour échanger et apprendre de nouvelles pratiques. Pour Orilia, membre depuis les débuts d’Univ’ert, « c’est important de voir qu’il y a des gens aussi motivés que soi ». En venant régulièrement, elle a développé ses connaissances sur le zéro déchet, et sait maintenant comment utiliser le moins d’emballage possible chez elle.

 

Le jardin de l’association Univ’ert, situé derrière la Maison des Etudiants du Saulcy. Crédit photo : Association Univ’ert.

 

Anthony a d’autres rêves pour le futur proche : développer un système de tri sur le campus. Une démarche administrative qui ne lui fait pas peur, « plus on va toucher un public jeune, plus ça va se pérenniser ». L’association veut aussi donner les moyens aux étudiants de se mettre à l’écologie, alors après la projection de films, les membres souhaiteraient mettre en place des ateliers “confection de cosmétiques” ou de “lessive maison”, et disposer d’une grainothèque. Des projets qui peinent encore à voir le jour avec seulement dix membres inscrits : « Quand on est tous là à parler d’écologie, ça nous donne de l’espoir, et ça, on en a vraiment besoin ! ».

A Metz, comme dans une dizaine d’autres villes en France, l’espoir a donné l’envie à des milliers de personnes de venir marcher pour le climat. Des familles se sont réunis pour la seconde fois depuis la rentrée, plus conscientes que jamais de l’urgence actuelle. 

 

 

Barbara Paul-Foos et Claire-Marie Luttun