Nicole Sadin, artiste à plein temps, présentait ses peintures à l'exposition FAAR

Du 24 au 26 janvier, l’Hôtel de Ville de Metz accueillait le FAAR (Forum des Artistes Acteurs de la Grande Région) dans le cadre de l’événement Metz est wunderbar. Placé sous le thème “des racines aux ailes du futur”, ce rendez-vous artistique célèbre les journées de l’amitié franco-allemande, 63 ans après la signature du traité de l’Élysée. 

Organisé depuis près de vingt ans, le FAAR s’inscrit cette année dans un contexte symbolique fort : les Journées de l’amitié franco-allemande, célébrant les 63 ans du Traité de l’Élysée. L’événement fait partie de Metz est wunderbar, initiative implantée depuis 2015 par laquelle la Ville de Metz réaffirme le lien particulier qui l’unit à l’Allemagne.

Le thème “des racines aux ailes du futur” a servi de fil conducteur à l’exposition. Volontairement vague et ouvert, il a permis aux artistes de mettre en avant une grande variété d’œuvres et de styles tout en mêlant les techniques traditionnelles et celles empreintes de nouveauté. 

Une organisation portée par les étudiants du master franco-allemand

Derrière cette nouvelle édition du FAAR se trouve un groupe d’étudiants de première année du Master Management international franco-allemand de l’IAE Metz School of Management. Parmi eux, Tiphaine Lemoine, accueille les visiteurs. Elle se réjouit de la réussite de cette exposition, qui a été le fruit d’un travail d’équipe avec l’ensemble de sa promotion : “L’après-midi s’est lancé avec le vernissage et il y a eu pas mal de monde, c’est vraiment super !”, s’enthousiasme-t-elle.

Pour mener à bien cette exposition, l’équipe a mobilisé un réseau rigoureux : anciens exposants, galeries messines, rencontres avec des curateurs lors de la remise des prix Robert Schuman. Les étudiants sont ainsi parvenus à rassembler 27 artistes exposants venant du Grand Est, du Luxembourg et d’Allemagne. 

Pendant le week-end FAAR, d’autres activités étaient prévues : concerts de chant lyrique du Conservatoire de Metz, défilé de mode avec des designers venus de Trèves et une remise du prix du public. 

Plusieurs artistes rassemblés : un mélange de styles et d’histoires  

Parmi les artistes exposants, Dominique Zeltzer Russel a mis en avant sa série intitulée “Bodyscape”. Elle représente le corps humain comme un paysage abstrait : “C’est une dramatisation du corps humain, pour en exprimer sa fragilité et sa souplesse”, explique-t-elle depuis son stand. Ses œuvres, souvent confondues pour des photographies, impressionnent par la maîtrise d’une technique artistique assez spécifique : la gravure en mezzotinte. Cette technique consiste à créer une surface rugueuse sur une plaque de cuivre en tirant petit à petit les teintes blanches et grises sur le support, de sorte à graver une forme sur le fond noir. Montrer ses œuvres à l’exposition FAAR est une belle occasion pour l’artiste d’échanger avec le public tout en partageant sa culture : “J’ai une partie de ma famille qui vit à Berlin et moi je me suis installée à Metz après 25 ans passés au Luxembourg. La culture franco-allemande est donc très ancrée dans mon coeur”, raconte-t-elle souriante. 

Quelques pas plus loin, Nicole Sadin, est présente pour la troisième année consécutive à l’exposition. Elle expose fièrement ses peintures représentant des visages de femmes qui transmettent à la fois de l’espoir et de la crainte. Ce paradoxe, c’est ce que ressent Nicole Sadin à propos de l’avenir : “Je voulais représenter la crainte de l’actualité qui est assez tourmentée et qui ressemble parfois à du chaos. À travers mon travail, je voulais montrer mon inquiétude quant à l’avenir, sans pour autant être totalement pessimiste bien sûr” détaille-t-elle en montrant ses créations. Pour Nicole Sadin, être présente à cette exposition est très important : “Après un passé douloureux, je veux croire en plus d’unité et de fraternité entre les pays. Je veux que l’on parcourt un chemin qui soit positif”, confie-t-elle. Cette positivité, elle l’a d’ailleurs constaté auprès des étudiants organisateurs, dont elle a grandement salué la rigueur et la passion. 

L’événement a aussi laissé une place à la participation du public. Carolin Hustädte, étudiante en master management franco-allemand et diplômée en licence de design de mode, a animé un atelier textile ouvert à tous. À l’aide de pochoirs et de motifs imprimés, les visiteurs pouvaient customiser leurs propres vêtements, ou bien acheter un tote bag à 5 € pour le décorer selon leurs envies. Parmi les participants, Marie-Hélène Bronner était ravie de se prêter au jeu : “J’avais envie de faire quelque chose de créatif et de donner une nouvelle vie à un vêtement commun”, affirme-t-elle en posant les dernières touches de peinture. 

Comme Marie-Hélène Bronner, les visiteurs semblaient ravis de l’organisation de cette exposition, qui se présentera l’année prochaine sous un autre thème tout en mettant à l’honneur la richesse de l’amitié franco-allemande.