Lara Klaehn, une jeune allemande de 22 ans vit à Israël, dans le Moyen-Orient, depuis trois ans. Alors que le conflit Israelo Palestinien retentit sur le territoire, Lara revient sur l’attaque du 07 octobre 2023, un événement traumatique vécu par une jeune femme non israélienne.
Un amour pour la culture israélienne
Depuis petite, Lara porte un fort intérêt pour la culture israélienne et pour son histoire. Elle décide d’abord dans le cadre d’un voyage de s’y rendre pour une durée de deux semaines en mars 2020. Lara tombe amoureuse du pays et décide finalement d’y rester. Elle souligne que tout est très différente de chez elle, « les gens sont très curieux, le lien se créer facilement ». En troisième année de Science et de communication à l’Université, Lara parvient en quelques semaines à faire de nouvelles rencontres. Elle raconte : « Ce que j’aime particulièrement, c’est que les Israéliens sont ouverts à toutes cultures, le fait que je ne sois pas juive, n’a jamais posé de problème, ça n’a même jamais été un sujet de conversations avec eux. Je ne suis pas née dans cette religion et pourtant on partage tout ensemble en tant que chrétiens, juifs, non juifs, agnostiques ». Touchée par cette philosophie de vie, Lara Klaehn décide de s’installer à Israël et d’y poursuivre ses études.
07 octobre 2023 : un bouleversement
Le 07 octobre 2023 est un jour que la jeune allemande n’oubliera pas. Le monde atteint un sommet d’horreur ce jour là, les terroristes du Hamas ont bombardé Israël, attaquant, femmes, enfants et vieillards. Lara explique « J’ai entendu des missiles lors d’une soirée étudiante et c’est à ce moment que j’ai pris conscience du conflit. Un conflit présent quotidiennement ». La jeune femme de 22 ans est choquée, l’agitation se créer autour d’elle et tous tentent d’atteindre les « Mamads », une chambre de sécurité présente dans les appartements israéliens ou les « mikhlats », des espaces bétonnés, sécurisés et publics. 19 secondes, c’est le temps donné aux civils pour se réfugier, trouver un abris. « Si tu n’es pas dans l’abri ou dans un endroit protégé en 19 secondes, tu risques de te faire tirer dessus par un missile, et je peux vous garantir, 19 secondes c’est très court » témoigne Lara avec difficulté. Difficile pour Lara de croire ce qu’il vient de se passer, les yeux rivés sur son téléphone, elle défile les images de vidéos surveillances -devenues virales- exposants les terroristes du Hamas venus en pick up, armés, masqués, en vert et noir. « J’avais l’impression de vivre ce que je voyais à la télévision il y a des années, sauf qu’à ce moment, j’étais assise confortablement dans mon canapé en sécurité ».

Mikhlats israeliens, abris avec des portes blindées, photographie : Reynolds
Une Allemande liée aux Israéliens
Etre témoins de l’attaque a remué beaucoup de culpabilité chez Lara. Une forme de responsabilité s’est éveillée chez elle, de ne pas s’être souvenue du silence des juifs massacrés auparavant. Lara ne s’est jamais sentie autant connectée au pays depuis l’attaque. Elle affirme « je vis là bas depuis 3 ans maintenant, je me sentais très connectée, et ma première pensée n’étais pas de penser en tant que citoyenne allemande mais plutôt, qu’est-il en train de se passer dans mon pays ? ».
Israël, son pays de cœur
Le 15 octobre, Lara parvient -malgré les difficultés- à obtenir un vol pour retourner auprès de ses proches, très inquiets de la situation. Mais, un mois plus tard, la jeune allemande prend la décision de retourner à Israël espérant retrouver sa vie d’avant. La jeune femme confie « tant que la situation du côté des Israéliens est sous contrôle et que j’ai un abris anti-roquette chez moi, je me sens en sécurité ». Chaque jour à Israël sont imprévisibles et peuvent être interrompus par des alarmes ou des attaques. Malgré cela, Lara soupire « je crois en mon instinct, et je crois en Dieu pour me protéger, je crois en la police, qui travaille jour et nuit pour protéger les civils ».
Elise Blanchard