Pour garantir un pluralisme et un plus grand choix aux lecteurs, les titres de presse sont aidés financièrement. Le site DataGouv s’est intéressé aux différentes aides perçues en 2016.

 

Le système des aides à la presse est né en France en 1796. Le but est simple : favoriser la diversité du paysage médiatique en donnant les mêmes chances aux nouveaux titres et à ceux déjà ancrés. Les aides se répartissent de différentes manières : directes (à la diffusion ou au pluralisme) et indirectes (fiscales et sociales). Les aides directes viennent de l’Etat et sont conservées dans le compte de l’entreprise de presse, à condition qu’elles respectent une convention signée auparavant. Les aides indirectes, sont, comme le nom l’indique, perçues par le titre de presse mais reversées pour la distribution.

L’exemple du Figaro


Le Figaro a perçu 2 128 974 euros d’aides en tout en 2016. Elles se répartissent en deux. D’une part, les aides au portage qui consistent à soutenir le mode de distribution. C’est-à-dire, livrer des exemplaires de chaque numéro d’une publication au domicile de l’acheteur qui a souscrit un abonnement payant. D’autre part, le FSDP (Fonds Stratégique pour le Développement de la Presse) qui consiste, lui, à développer les projets individuels ou collectifs, concernant une publication, une agence de presse ou un service de presse en ligne. L’aide au pluralisme et les fonds de soutien à l’émergence et à l’innovation (FSEIP) sont de 0€ pour le Figaro. Ces aides oscillent et varient dans ces quatre catégories selon les titres de presse.

L’Etat contribue plus ou moins également selon les titres

Ces dix titres de presse ont reçus le plus d’aides totales en 2016, donc toutes les aides combinées. L’Etat, lui, finance les aides directes, ce qui est plus ou moins une grosse partie des aides totales. Les pourcentages permettent de remarquer une différence flagrante entre le quotidien Aujourd’hui en France qui perçoit de l’Etat l’équivalent de 2% de ses aides totales ; et, Ouest-France ou Marianne, qui reçoivent l’équivalent de 100% de la part de l’Etat par rapport à leurs aides totales. La presse écrite est donc inégale face aux aides venant de l’Etat.

Le pluralisme … Plus ou moins

C’est le grand écart entre le Top 10 des titres de presse ayant touchés le plus d’aides de la part de l’Etat et celui de ceux ayant touchés le moins d’aides.


Les grands titres de presse nationaux occupent une majorité du classement de ceux bénéficiant le plus d’aides, alors qu’ils sont les plus « populaires ». Seulement quatre quotidiens régionaux font parti de l’élite financière de l’Etat. Les dix quotidiens laissés pour compte sont des quotidiens régionaux, peu connus du grand public d’ailleurs.

La différence entre ces deux classements est flagrante. En tout, les dix titres percevant le moins d’aides directes touchent 19 214€, alors que Ouest-France a touché, à lui seul, 5 787 718€ en 2016. Les aides sont essentielles pour la survie des médias et encore plus des titres locaux peu développés. Mais le pluralisme semble peu possible si l’Etat ne finance pas de manière égale les différents titres nationaux et régionaux. Le panel de choix proposé n’est donc pas le même pour tous et pour toutes les régions.