Cinq femmes qui ont marqué la Première Guerre mondiale

Il y a cent ans jour pour jour, le 11 novembre 1918, les clairons sonnaient le gong de l’Armistice. Après quatre ans de combats meurtriers opposants les Alliés aux Empires centraux, la paix est proclamée. Le bilan est lourd, 10 millions de morts et 6 millions de blessés. 

Les hommes qui ont combattu sur le front reviennent traumatisés, détruits. Les femmes ont elles aussi participé à l’effort de guerre. Ouvrières dans les usines, infirmières sur le front et parfois même espionnes politiques, voici cinq femmes qui ont marqué la Grande guerre. 

 

  • Nicole Girard-Mangin (1878-1919)

 

Nicole Girard-Mangin vêtue d’un uniforme d’officier féminin britannique, l’armée française n’ayant pas d’uniforme de femme médecin.

 

Originaire de Meuse, Nicole Gérard-Mangin fut médecin, elle exerça à Paris. En 1914, elle se porta volontaire pour exercer sur le front en indiquant le nom « Docteur Girard-Mangin ». Ainsi, l’administration ne se douta pas que la principale intéressée était en réalité une femme. Au vu du manque de médecins dans l’armée, elle fut mobilisée et même nommée médecin-major en 1916. Durant le conflit, elle se déplaça partout en France et se rendit même jusqu’en Belgique. De plus, elle n’hésita pas une seule seconde à affronter la dure réalité du front afin de sauver des vies. Féministe assurée, elle milita au sein d’associations et fut à l’origine de la Ligue contre le cancer. Elle fut retrouvée morte à son domicile en juin 1919.

  • Marie Curie (1867-1934)

 

Marie Curie conduisant une ambulance sur le front.

Physicienne et chimiste de renom, Marie Curie créa pendant la guerre, les “Unités de radiologie mobile” qu’elle dirigea. Des unités agissant directement sur le front. Une vingtaine d’ambulances nommées les “petites Curies” furent également mises en place. C’est le début de la “radio-chirurgie”, les chirurgiens consultèrent alors les résultats radiologiques avant d’intervenir. En 1916, Marie Curie obtint son permis de conduire. Sa fille Irène Curie, alors à peine âgée de 18 ans, la rejoignit sur le front. En parallèle, elle participa à la formation de plusieurs femmes à la radiologie afin qu’elles puissent elles aussi se joindre à l’effort de guerre. De plus, elle mit en avant l’importance du radium et donc de la radiologie dans la prise en charge des soldats blessés. Un moyen de déceler les fractures et les éclats d’obus.

  • Charlotte Maitre (1880-1963)

 

Charlotte Maitre lors de la réception de sa Légion d’Honneur.

A défaut d’être combattante, statut interdit aux femmes pendant la Grande Guerre, Charlotte Maître se rendit au front dès 1914 pour y exercer en tant qu’infirmière. Elle fit partie des 72 000 femmes ayant choisi de s’engager afin de soigner les combattants. Charlotte Maître fut considérée comme “infirmière militaire principale de première classe”. D’après les très rares sources historiques détaillant sa vie, elle occupa une place très importante dans le traitement médical des combattants et n’hésita pas à se rendre constamment sur le front, à braver le danger. Elle fut même grièvement blessée en 1916. En août 1917, elle fut récompensée de la Légion d’Honneur comme 10 000 autres femmes pendant la Grande guerre, dont la mémoire a été oubliée.

  • Louise de Bettignies (1880-1918)

 

Louise de Bettignies

Le rôle de Louise de Bettignies pendant la Première guerre mondiale a été stratégique. Résidant à Lille, elle décida dès l’invasion de la ville par les allemands en 1914 de s’engager dans la résistance et l’espionnage pour le compte des Alliés. Plus précisément, elle devint espionne pour le compte de l’armée britannique et de l’Intelligence Service. Elle dirigea un vaste réseau d’espionnage et de renseignements couvrant le nord de la France. Son action permit  le sauvetage de plus d’un millier de soldats britanniques. En 1915, elle fut arrêtée par les allemands, détenue pendant trois ans dans des conditions épouvantables, elle mourut en septembre 1918, avant la fin de la guerre. A titre posthume, Louise de Bettignies, reçu en 1920 la Légion d’Honneur. Elle devint officier de l’ordre de l’Empire britannique.

  • Anna Coleman Lad (1878-1939)

 

Anna Colemann Lad dans son atelier à Paris.

Sculptrice américaine, Anna Coleman Lad participa activement à la prise en charge des soldats rentrés en France après la guerre, notamment en venant en aide aux gueules cassées.  Un terme désignant les survivants de la Grande Guerre grièvement blessés. Des blessures ayant engendrés, pour la plupart, des séquelles physiques irréversibles. Ces hommes revinrent anéantis et parfois même n’osèrent même pas retourner auprès de leur famille. Anne Coleman Lad ouvrit un atelier à Paris, elle confectionna des masques pour ces soldats mutilés. Des masques de leur choix parfois même fantaisistes créés à partir d’un moule en plâtre. Elle ne participa pas directement à l’effort de guerre mais plutôt à l’après guerre et au retour des combattants. Une initiative qui fut récompensée car Anne Coleman Lad fut décorée de la Légion d’Honneur. 

Noujoud Rejbi