Le samedi 10 janvier 2026, la musique de Supertramp retentissait au centre des Congrès Robert Schuman, à Metz. Joué à la perfection par le groupe hommage « Covertramp », le concert a redonné vie au groupe mythique des années soixante-dix. 

Ces dernières années, les groupes hommages ou « tribute bands » en anglais, connaissent un succès grandissant. Ces derniers pratiquent des covers, soit des reprises de musiques existantes. La plupart concernent les groupes de rocks du 20ème siècle : Queen, Pink Floyd, et ici, Supertramp. 

Parfait pour les fans de ces groupes qui ne se produisent plus, ou pour ceux qui, au contraire, veulent découvrir. Pour Barbara, 49 ans, il s’agit de son premier concert tribute : « Ma fille m’a proposé de l’accompagner. Je suis assez curieuse de découvrir l’ambiance, surtout quand ce n’est pas le vrai groupe sur scène ! J’espère que ce sera proche des titres originaux. Lorsqu’on adore la version originale d’une chanson, en entendre une autre peut décevoir, comme souvent lors de remix. »

Pour les fans, nombreux sont ceux qui voulaient revivre la musique du groupe d’origine. La raison pour laquelle Raphael, 53 ans, est venu, reste : « parce qu’on ne peut plus entendre le groupe original, qui ne se produit plus ». Après avoir vu des extraits de Covertramp, il s’est laissé tenter. D’autres, comme Lionel, 56 ans, sont adeptes des groupes tribute : « Dans le temps, j’ai vu Supertramp en concert. Je viens ici pour réentendre leur musique. Je suis déjà allé voir un cover de Pink Floyd. On s’y croirait vraiment, même si ce ne sont pas les vrais. »  Valérie, 57 ans, autre habituée des groupes cover, explique qu’au-delà de chercher à réentendre son groupe favori, il y a l’envie d’entendre l’identité du groupe cover : « on veut retrouver les groupes qu’on connait, retrouver l’ambiance du disque, mais également entendre leur patte ». A ses yeux, le succès est au rendez-vous : « Depuis la dernière fois, je trouve que c’est moins copié-collé, ils proposent des variations, des choses à eux, et beaucoup de chansons peu connues. » 

En plus de pouvoir réentendre les musiques de leur groupe favori, certains spectateurs aiment découvrir une patte plus personnelle de la part des groupes tribute. Les artistes cover n’ont pas le droit de toucher aux arrangements originaux, et pourtant leur créativité peut s’exprimer. Philippe Tailleferd, chanteur, pianiste et co-fondateur de Covertramp, explique : « Au delà de reproduire la musique de Supertramp le plus fidèlement possible, l’idée est aussi de se la réapproprier. Ça passe par l’interprétation, le choix des instruments, etc. On y met finalement bien plus de nous même qu’on ne pourrait le penser initialement. Quant à la créativité, nous sommes aussi compositeurs et en passe de sortir un 3eme album pop qui sera en ligne en février 2026. »

Philippe Tailleferd et Sandra Battini, membres du groupe Covertramp.

Philippe Tailleferd et Sandra Battini, membres du groupe Covertramp.

Rencontre avec Philippe Tailleferd du groupe Covertramp
 
Qu’est-ce que cela vous procure de rejouer ce groupe mythique? 
La musique de Supertramp est d’une richesse et d’une sophistication quasiment sans précédent dans l’histoire de la pop. L’étudier et la reproduire dans ses moindres détails sur scène est à chaque fois un émerveillement artistique unique et on ne s’en lasse toujours pas après plus de 12 ans!

N’éprouvez-vous pas le besoin de jouer vos propres compositions sur scène ?
Pourquoi pas, le projet est à l’étude…
 
Comment expliquez-vous le succès de votre groupe, et plus largement des groupes tributes, ces dernières années ?  pensez-vous que c’est un phénomène durable ?
Nous avions monté ce projet par passion et non par intérêt. Tous fans de Supertramp, nous étions partis du principe qu’il n’était plus possible de les voir sur scène et que leur musique prenait toute sa dimension en live. Personne dans la profession n’y croyait…Force est de constater que le phénomène des tributes prend de l’ampleur ces derniers temps et c’est une bonne chose. Le public a intégré l’idée que jouer la musique de groupes mythiques des années 70/80 était finalement assez logique. Personne ne critique les orchestres classiques quand ils jouent du Beethoven, c’est exactement le même principe.

Est-ce qu’il y a une forme de pression ou d’anxiété avant les représentations, liée au fait de jouer des musiques d’un groupe mythique ? Est-ce qu’il y a une peur de décevoir ? Ou est-ce qu’avec les années, vous avez entièrement confiance ?
À nos débuts, la pression était très pesante car le répertoire de Supertramp est difficile à rendre sur scène. Il y a beaucoup d’instruments et de détails et les fans sont très exigeants ! Nous continuons bien entendu de faire évoluer le show et la pression reste très présente car les salles sont bien plus grandes qu’avant. C’est donc un autre stress qui s’est imposé !
 
Quelle sont les difficultés dans votre métier et groupe ? Un groupe cover impose-t-il des contraintes particulières ?
La difficulté est de ne jamais se reposer sur ses lauriers. Nous intégrons régulièrement des nouveaux titres dont certains n’ont jamais été interprétés sur scène par Supertramp eux-mêmes ! Il faut donc être à la hauteur des attentes du public, habitué aux arrangements originaux. 

Quelle est votre plus belle satisfaction en tant que groupe tribute ? 
La rencontre avec Roger Hodgson en 2014 et nos échanges avec John Helliwell le saxophoniste. Et bien-sûr, la rencontre avec le public et les messages sur les réseaux sociaux!

Mya Brout