Le Monde avec AFP

La forte hausse des prix du gaz et de l’électricité est un sujet sensible, à sept mois de l’élection présidentielle. De LFI au RN, on demande des mesures plus drastiques.

Au lendemain de l’annonce d’un « bouclier tarifaire » contre le bond des prix de l’énergie, les oppositions continuaient de critiquer vendredi 1er octobre des mesures « électoralistes » de la part du premier ministre, Jean Castex.

La hausse des tarifs réglementés de l’électricité, qui devait atteindre quelque 12 % au début de 2022 sera limitée à 4 % en 2022 grâce à une baisse des taxes. Mais le gel du prix du gaz surviendra seulement après la hausse de 12,6 % ce vendredi, et durera jusqu’au mois d’avril 2022, lorsque « le prix du gaz devrait dégringoler », selon le gouvernement, et au moment de l’élection présidentielle, critique l’opposition.

Celle-ci déplore également le fait qu’à compter du printemps, les consommateurs devront payer le gaz un peu plus cher que les cours du marché, ceci afin que les sommes payées en plus pendant l’hiver par les opérateurs sans pouvoir les facturer aux consommateurs soient récupérées.

Débat autour de la question de l’énergie extrait du 7/9 de France Inter du 01/10/2021

Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a ironisé dès jeudi soir sur Twitter sur le calendrier menant « aux présidentielles », tandis que le candidat de La France insoumise à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, s’attaquait à la méthode : « Vous lui donnez votre montre et il vous donne l’heure. Vous payez d’abord, ensuite vous paierez encore pareil. » De son côté, Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national, a estimé que « les Français n’ont pas besoin de mesurettes électoralistes, mais d’une baisse réelle et durable du prix des énergies et de l’essence ! ».

« On voudrait nous repeindre la vie en rose, mais ce n’est pas le cas »

Favorable à « un blocage des prix », l’ex-ministre socialiste du redressement productif Arnaud Montebourg, également candidat à la présidentielle, a appelé vendredi sur RTL à une « baisse de la fiscalité » en appliquant une TVA à 5,5 % sur le gaz et l’électricité, qui peuvent être considérés comme « des biens de première nécessité », ou « au minimum des biens de consommation pour la survie ».

Critiquant « la charlatanerie » de l’exécutif sur Twitter, le candidat communiste (PCF), Fabien Roussel, s’est ensuite dit « en colère » sur LCI, critiquant ces « seigneurs enfermés dans leur château à l’Elysée ». Il a appelé à « faire baisser tout de suite de 30 % les factures en supprimant les taxes qui pèsent sur le gaz et l’électricité »« On voudrait nous repeindre la vie en rose, mais ce n’est pas le cas », a réagi jeudi soir sur la même chaîne le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, en appelant le premier ministre à « comprendre ce que c’est pour un ménage modeste » de voir « ses dépenses contraintes de plus en plus élevées ».

L’écologiste ex-LRM Matthieu Orphelin a exhorté à « aller plus loin », en élargissant le chèque énergie « à 15 millions de foyers les années où les prix des énergies sont élevés », et à « accélérer » les dispositifs soutenant la rénovation énergétique des logements et le changement de véhicule.

L’agacement était également palpable du côté des syndicats vendredi matin. « Le bouclier, c’est un tour de passe-passe, on le remboursera à partir du mois d’avril », a réagi Yves Veyrier, le secrétaire général de la confédération Force ouvrière (FO), sur France 2. « Il était temps qu’on réagisse, ça reste un problème. Nous proposons la baisse de la TVA, car l’énergie c’est un produit de première nécessité », a avancé de son côté le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, sur Public Sénat.

Pour aider les ménages les plus modestes à faire face, le gouvernement a annoncé mi-septembre le versement, en décembre, d’un chèque énergie exceptionnel de 100 euros. Arnd Wiegmann / REUTERS

Une baisse de la TVA avait aussi les faveurs des associations de défense des consommateurs, qui se montraient critiques après les annonces de M. Castex. « Nous supposons qu’il s’agit d’un simple décalage des dépenses, ce qui serait donc une mesure très relative », a réagi la CLCV dans un communiqué. « Globalement sur le gaz, les propositions restent assez floues, il y a beaucoup d’inconnues »regrette aussi Alain Bazot, président UFC-Que choisir. « On diffère la facture pour les consommateurs, la douloureuse, c’est pour plus tard, après l’échéance électorale. Cela ne trompe personne », a-t-il estimé.