Aubépine, influenceuse diabète

Aubépine/Virginie (Photo : Orane Benoit)

“Oui je me considère comme une influenceuse diabète. C’est le terme qui ressort parce qu’on est plusieurs à revendiquer notre maladie. Influenceur diabète ça existe et j’en suis une”

Une plante épineuse

Sur la place Stanislas, le soleil se couche et les nancéiens se pressent dans les bars et restaurants. Souriante, un verre de coca zéro à la main, une jolie robe blanche, des cheveux courts et un patch à fleurs sur le bras, Virginie raconte son histoire. Dans la vie réelle, on l’appelle Virginie mais sur internet c’est Aubépine. Une plante épineuse qui bourgeonne en de petites boules rouges. Référence à la mesure du taux de sucre dans le sang, la glycémie capillaire.

Le Jardin d’Aubépine

À 10 ans, Aubépine découvre qu’elle est atteinte d’un diabète de type I. C’est seulement à 25 ans qu’elle accepte sa maladie « C’est grâce à mon chéri qui m’a poussé qui m’a soutenu, même si mes parents ont toujours été là, là c’était une nouvelle personne qui rentrait dans ma vie”. Libérée du regard des autres, elle créé son jardin, le Jardin d’Aubépine, un e-shop de stickers design pour les appareils des diabétiques “Mon métier ne me plaisait plus et je me trouvais justement une passion avec le diabète : à parler de ma maladie, à aider les gens. J’ai toujours eu un petit côté artistique. Je voulais avoir mon truc à moi ». Une boutique en ligne pour toucher un maximum de personne, beaucoup plus simple qu’une boutique physique.

“Si je peux aider une personne ce sera déjà ça”

Sur son avant-bras le mot « amour », ses yeux sont maquillés, elle porte des boucles d’oreilles et toujours ce sourire. Aubépine était une youtubeuse beauté parmi les autres, “J’avais l’impression de ne plus rien apporter à personne”. Un désir de partager son parcours, sa joie de vivre et ses idées, une envie d’échanger et d’aider les autres la pousse à se spécialiser sur le diabète “Quand j’ai réussi à assumer la maladie, j’ai voulu en parler, aider les autres à se renseigner, à mieux l’accepter. Ma chaîne c’est toujours avec le sourire jamais dans le côté négatif”. Un petit rire et elle raconte ses appréhensions pour la sortie de la première vidéo de son nouveau format .“Je me disais  : ce n’est pas grave, si je n’ai qu’un abonné, si je peux aider au moins une personne, ce sera déjà ça. » 

Aujourd’hui sa page YouTube rassemble 1300 abonnés. Aubépine a connu toutes les évolutions des dispositifs pour les diabétiques, elle confie “ C’est compliqué d’avoir de bonnes explications à l’hôpital, les gens se posent des questions sur le fonctionnement des nouveaux appareils. Ils voient des photos sur internet mais ils ne savent pas comment s’en servir”. Fière, elle raconte comment ses vidéos explicatives permettent à des personnes de tout âge de comprendre le fonctionnement des nouveaux appareils tels que la pompe à insuline “Il y a plein de personnes qui regardent mes vidéos et qui me disent grâce à toi je suis passée sous pompe et c’est beaucoup mieux”.

Influenceuse diabète

Une présence sur internet avec son e-shop, sa chaîne youtube, mais aussi facebook, twitter et instagram. Parler de sa maladie ce n’est pas évident. Aubépine s’est révélée en découvrant des influenceurs diabétiques américains “J’ai surtout vu des instagrammeuses et instagrammeurs américains qui se montraient, qui revendiquaient leur diabète. Il y en a un qui faisait de la musculation en montrant son capteur et je me suis dit “ Ils n’ont pas peur de l’afficher, ils le vivent bien, ils ont l’air bien, pourquoi je ne ferais pas pareil moi aussi ?”. Sur instagram elle s’adresse à ses 3300 followers. De plus en plus de jeunes parlent du diabète sur internet et les réseaux sociaux, ce sont des influenceurs diabètes explique Aubépine “ Oui je me considère comme une influenceuse diabète, c’est le terme qui ressort parce qu’on est plusieurs à revendiquer notre maladie. Influenceur diabète ça existe et j’en suis une”.

Entreprenante et pétillante, son profil intéresse les marques mais elle sait ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle ne veut pas “Je veux garder mon libre-arbitre, et parler de ce que je veux, quand je le veux et dire vraiment ce que je pense et pas parler pour une marque.”

Egayer le diabète

La nuit tombe et les lumières s’allument sur la place. Avant de retrouver son chéri, elle raconte les difficultés rencontrées par les jeunes diabétiques. Une maladie plus connue chez les personnes âgées. Aubépine déplore le manque de communication à ce sujet et souhaite faire bouger les choses. Son slogan “Égayer le diabète”.

Orane Benoit