Ce lundi 28 septembre 2026, Léon XIV a honoré la mémoire de Robert Schuman, mais aussi
Metz et ses habitants. Les visiteurs ont afflué ; pour autant, les retombées immédiates ne
semblent pas évidentes pour les commerçants interrogés qui misent sur des effets à plus long
terme.
Entre incertitudes et réalité commerciale
Si la visite du pape Léon XIV a revêtu un caractère historique, notamment parce que le
dernier passage d’un souverain pontife à Metz remonte à 38 ans, elle a également constitué un
défi pour les commerçants, qui ont dû adapter leur organisation. De nombreux patrons et
employés avaient ainsi pris des mesures pour tenter de gérer l’afflux de visiteurs, soit 50 000 à
100 000 personnes attendues.
Au café Corner, le gérant avait prévu de renforcer considérablement ses équipes : « On va
engager plus de monde, voire tripler les effectifs et afficher des prix ronds pour simplifier la
gestion de l’encaissement. On va faire du service en continu, mais on essaie de garder une
ambiance bon enfant qui caractérise l’endroit ». Pourtant, une fois la journée passée, les
résultats n’ont pas été à la hauteur de ses attentes : « Ça ne correspondait pas du tout aux
attentes qu’on avait, la veille, on n’avait pas travaillé et le jour J on pensait faire du chiffre,
mais on a juste bien travaillé », déplore-t-il.
Tous n’ont cependant pas eu la possibilité d’ouvrir leur commerce. C’était notamment le cas
du restaurant L’Éveil et du bar Les Trappistes, situés place de Chambre, l’une des « pape
zones ». « Place de Chambre, nous sommes tous fermés, c’est très compliqué avec le monde
qu’on attend, on devait enlever les terrasses et le mobilier », expliquait le patron de L’Éveil.
Une situation qui illustre les contraintes auxquelles certains établissements ont été confrontés
en raison du dispositif de sécurité.
Pour ceux qui ont pu rester ouverts, le bilan est mitigé. Le gérant du glacier Moustache
résume la situation : « La glace est un domaine particulier, tout dépend du temps. Même si la
météo a été estivale, le flux des touristes a été irrégulier, par vagues, ce qui a rendu la gestion
difficile pour les équipes ». Il ajoute que la mairie n’avait pas autorisé le maintien de toutes
les terrasses, seuls quelques commerçants avaient obtenu cette autorisation.
À la librairie Hisler, une employée pensait également pouvoir profiter de l’afflux de visiteurs :
« On espère que les pèlerins verront la librairie. C’est une belle opportunité pour nous ».
Toutefois, après la venue du pape, le constat est plus nuancé : « Honnêtement, on avait du
passage mais avec les contrôles de sécurité, le chiffre d’affaires attendu n’a pas été atteint »,
témoigne-t-elle.
Le même constat s’applique au magasin de décoration Chambre Cinquante Sept, situé à
proximité d’une « pape zone ». Alors que la venue du pape était perçue comme une occasion
de faire parler de Metz, une employée estime finalement : « On était juste à côté d’une « pape
zone », du coup ce n’était pas une bonne opération ».
Les quatre « pape zones », le Parvis des Droits-de-l’Homme, la place d’Armes, la place Jean-
Paul-II et la place de Chambre, ont ainsi modifié les déplacements des visiteurs et ont pu jouer
en la défaveur de certains commerces.
Une ville qui rayonne
Malgré ce bilan économique en demi-teinte, les commerçants interrogés s’accordent sur un
point : la venue de Léon XIV a offert à Metz une visibilité particulière et pourrait avoir des
effets au-delà de cette seule journée.
Ainsi, le patron de L’Éveil estime que « Metz deviendra un lieu de pèlerinage avec sa
cathédrale et [que] les pèlerins reviendront également pour Robert Schuman ».
Le gérant du glacier Moustache espère lui aussi voir davantage de touristes découvrir la ville :
« Ce serait bien qu’il y ait plus de touristes, même si la ville en compte déjà un certain
nombre. J’ai habité à Paris et j’ai été surpris du nombre de touristes qu’il y avait dans une
ville comme Metz. La venue du pape pourrait en attirer encore davantage. »
À la librairie Hisler, l’événement est également perçu comme une occasion de faire découvrir
l’établissement : « C’est sûr que l’afflux de touristes va se poursuivre, un tel évènement reste
dans les mémoires, peut-être jusque vers la fin d’année, puis l’engouement se calmera »,
explique l’employée.
Pour le gérant du magasin de décoration Chambre Cinquante Sept, l’enjeu est également celui
de l’image de la ville : « D’un certain point de vue, ça fera parler de Metz et c’est bien. Le
tourisme se prolongera avec la période de Noël et le marché de Noël. »
Si la journée n’a donc pas nécessairement répondu aux attentes de tous, les commerçants
retiennent également l’ambiance qui régnait dans les rues et les rencontres avec les visiteurs.
Certains y voient même une dimension dépassant largement le cadre économique. « C’était
une journée magnifique, cela a été un moment suspendu avec un discours de paix dans la
conjoncture actuelle socio-économique et, à l’approche de l’élection présidentielle, le pape a
rassemblé les personnes et les religions », confie l’employée du magasin de décoration.
Même si le résultat commercial n’est peut-être pas celui espéré, le passage de Léon XIV aura
donc marqué les Messines et les Messins. Les retombées touristiques et économiques à plus
long terme restent donc à observer.