L’histoire n’est pas finie pour le livre

Depuis trois ans, la bourse aux livres permet aux Messins de trouver des ouvrages à prix bas le temps d’une journée. Organisatrice de l’événement, la Maison de la jeunesse et de la culture Metz-sud tente à travers de nombreux projets de sauvegarder la lecture.

Le livre a-t-il une fin ? Ce n’est pas l’avis de Frédéric Kieffer, directeur de l’association “Maison de la Jeunesse et de la Culture Metz-sud”. S’il admet un recul certain de la lecture, d’après lui : “quand on se donne la peine de développer un projet structuré pour favoriser la lecture, on constate que cela fonctionne.” Le projet de son association, appelé “l’étrange rendez-vous”, réunit tout un ensemble d’actions autour du livre et notamment à destination des enfants durant l’année scolaire. L’association récolte ainsi des milliers de livres avant de les échanger ou de les revendre sur la bourse aux livres.

Aiguiser la curiosité des enfants

 

Pour lui “si on n’aiguise pas la curiosité des enfants, dès qu’ils sont tout petits, autour de la lecture et de son apprentissage, ça ne peut pas fonctionner.” Une étude ipsos, réalisée en 2016 indique que les 7-11 ans sont les plus gros lecteurs avec en moyenne 6 livres lus par trimestre. Quand ils intègrent le collège puis le lycée, le chiffre tombe à 2 livres seulement. “J’ai des amies qui lisent encore des livres au lycée, mais c’est vrai que cela se perd un peu. Après, peut-être qu’elles le font d’une manière différente” concède Ludivine, élève de Seconde.

“Des prix bas contribuent peut-être à faire lire plus de gens”

Plusieurs initiatives ont ainsi vu le jour pour que le livre soit accessible à tous. La bourse aux livres, proposée par l’association décline des ouvrages à tout petit prix, entre 0,50€ et 3€. Martine venue à cet événement acquiesce : “c’est l’occasion d’avoir des livres à bon marché car sinon ils ne sont pas donnés”. C’est le but recherché par Frédéric Kieffer qui admet que “des prix bas contribuent peut-être à faire lire plus de gens.” A la FNAC ou dans les grandes surfaces, l’ordre des prix est plutôt autour d’une vingtaine d’euros, une somme déjà conséquente. D’autant qu’à l’inverse d’une bourse ou d’une brocante, ces enseignes ne permettent pas aux acheteurs de trouver des ouvrages parus il y a quelques années. Pire, elles ne proposent qu’un nombre minime de livres venant des grandes maisons d’édition.

Pour les livres de science-fiction les prix sont compris entre 1 et 2€. (Photo : Téva Vermel)

 

Le livre papier : vraiment dépassé ?

 

Alors que de plus en plus de personnes achètent des liseuses, véritable phénomène de société, le livre papier n’a semble-t-il, pas dit son dernier mot pour les visiteurs de cette bourse : “personnellement, je préfère le livre physique car il y a un aspect plus proche explique Victor, je n’aime pas avoir une tablette tactile. Je préfère avoir l’ouvrage entre les mains et travailler dessus.” Même constat du côté de Martine : “j’aime bien le contact du papier et pouvoir mettre des marques. Pour le moment, les tablettes me rebutent un peu. Après, peut-être que j’irai un jour vers la liseuse.”

En 2017, une étude du Centre National du livre (CNL) sur un échantillon de 1000 personnes interrogées  affirmait que 91% des français lisaient au moins un livre par an. 67% d’entre eux expliquaient ne lire uniquement sur papier, tandis que 22% livraient qu’ils alternent entre le livre papier et le livre numérique. Preuve que le livre est encore un roman sans fin.

Thomas Bernier avec Téva Vermel