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Jardins partagés à Metz, vers l’autosuffisance alimentaire ?

Depuis 2015, plusieurs jardins partagés ont fleuris à Metz. Des lieux où on peut cultiver et cueillir librement et gratuitement des fruits et légumes. Il y a quatre ans, la ville d’Albi, située dans le Sud-Ouest, s’est fixée l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en 2020. Pourrions-nous imaginer un tel schéma dans notre ville lorraine ?

 

Beaucoup de verdure ! C’est ce à quoi ressemble le jardin partagé devant le cloître des Récollets en ce mois de septembre. On imagine cependant çà et là des tomates, courgettes ou encore tournesols aux couleurs flamboyantes. Cet espace urbain n’était pas la seule star de la fête de l’Ecologie du 22 septembre dernier, mais les visiteurs y jettent un œil, s’approchent, touchent, questionnent. Parmi les différentes associations présentent à cet événement, Incroyables Comestibles (IC) , représentée par Gaumet Jill, a planté son stand juste devant ces plantes. Mouvement participatif mondial et citoyen, IC prône une vie saine autant pour l’homme que pour la planète. Ces jardins urbains permettent de manger sain, local et d’éviter la pollution liée aux transports des aliments. On privilégie les circuits courts ! Malgré tout, ces espaces urbains sont loin de nourrir beaucoup de Messins…

 

Sensibiliser les populations

Dans ces jardins partagés comme celui du Cloître des Récollets, ils favorisent les tomates cerises ou salades. « Ce sont des choses que les gens peuvent prendre facilement et emporter à la maison. Nous n’avons pas une seule citrouille, celle que tout le monde regarde. Cela permet d’en donner à plus de monde. » explique Gaumet Jill. Ces espaces sont 100% collectif : ce qui pousse est le fruit du travail de plusieurs personnes. Pour cette Américaine, ils ont impact au-delà de leur valeur environnementale. « Ça sensibilise les quartiers. Vos tomates ne viennent pas en plastique. Ces jardins partagés sont aussi le moyen de sensibiliser les gens. ».

Elle tient d’ailleurs à attirer l’attention sur la dangerosité des pesticides. « Mon oncle travaillait pour Dow (similaire à Monsanto) dans les années 1970, il se plaignait de maux de dos importants et est décédé. » Selon elle, il vaut mieux manger des fruits et légumes cueillis en milieu urbain mais non traités, qu’en campagne, et baignant dans des substances utilisées pour lutter contre les nuisibles.

1,07% de suffisance alimentaire à Metz

Aujourd’hui plus qu’hier nous avons besoin de développer ces initiatives écologiques. Pour espérer que Metz soit un ville auto-suffisante, « il faut une transversalité, notamment avec les maraîchers, ceux qui produisent les fruits et légumes. »affirme Gaumet Jill. « Il faut planter partout, que les citoyens se mobilisent, les agriculteurs aussi ».

Cet avis, Olivier Rudez, membre de l’association Motris le partage. Si on veut augmenter le taux actuel de suffisance alimentaire qui est de 1,07% il faut que les Messins mettent les mains à la terre. Cependant,  « si on veut augmenter le chiffre considérablement, il faut que des nouveaux maraîchers se mettent en place dans le secteur. Cela implique de trouver un terrain et permettre à des gens de se lancer en maraîchage. Ça implique une plus grande démarche  » assure t-il. « Pour produire beaucoup de nourriture il n’y a pas de secret, il faut que ce soit des pro qui aient les compétences, le temps pour faire de la grosse production ».

 

Amélie Pérardot