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Ils ont marché pour elles à Uckange

Ils étaient 127, hommes et femmes, à braver le froid, ce mercredi, pour dénoncer les violences faites aux femmes, lors d’une marche symbolique au départ d’Uckange et de Thionville.

14h Uckange. Le départ est imminent. Chaque participant reçoit un bracelet. On l’accroche au poignet ou à son sac puis on se met en route. A gauche, le parc du haut-fourneau U4, à droite, la Moselle. Après quelques minutes seulement, un enfant s’interroge : “c’est quand qu’on arrive ?” Son accompagnatrice lui répond : “c’est déjà important d’être ici”. Être là pour celles qui n’ont pas pu venir. “Je pense à ma mère et ma grand-mère, toutes deux femmes battues. C’est pour elles que je suis présente”, confie Aïsha.

Dans le cortège, les conversations vont bon train, quand, sur la rive, un panneau vient attirer leur attention. On peut y lire : “Savez-vous ce qu’est la violence conjugale ?” Quelques mètres plus loin : une autre question, puis encore une autre, et ce jusqu’à l’arrivée. A l’initiative de la marche, et de ces questions posées en grand, le personnel des centres sociaux de la vallée du Fensch se rend disponible pour y répondre.

Des ballons pour dire les maux

Après une demi-heure de périple, les marcheurs arrivent à destination. Peu de temps après, ils sont rejoints une marche jumelle, partie de Thionville. On se sèche un peu sous les tonnelles orange avant de répondre à l’ultime interrogation : “Je pense que dénoncer collectivement les violences faites aux femmes permet de … ?” Chacun y va de son idée.

Pour Djibril, il s’agit de “s’unir”, pour Sabrina de “rompre le silence”. Une fois compilés, ces quelques mots sont ensuite accrochés à des ballons pour un lancé symbolique. Le but : transmettre le message au delà de la marche. “C’est important de ne pas se retrouver seul et de dénoncer collectivement. C’est la seule manière pour que nous soyons entendus”, explique Yacine Boukerana, directeur du centre social d’Uckange.

Le vent emporte les ballons, la marche est finie, mais pas la lutte. Chacun repart, déterminé à dire stop aux violences faites aux femmes. Sur le chemin du retour, les pancartes ont disparues de la rive mais les réponses aux questions restent, elles, bien présentes dans les esprits.

Laura Bannier et Vincent Poulain